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Plus de 4.000 morts depuis début août, mois le plus meurtrier en Syrie (ONG)

24/08/2012 06:54 EDT | Actualisé 24/10/2012 05:12 EDT

Au moins 4.000 personnes ont péri et quelque 200 corps non identifiés ont été retrouvés en Syrie depuis début août, faisant de ce mois le plus meurtrier depuis le début en mars 2011 de la révolte en Syrie, a affirmé vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Avant même sa fin, août est le mois le plus meurtrier avec la mort de plus de 3.000 civils armés ou non, de 918 soldats et de 38 déserteurs", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

La Syrie est en proie depuis 17 mois à une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression, l'opposition armée regroupant désormais des déserteurs ainsi que des civils ayant pris les armes.

"A ce bilan, s'ajoutent plus de 200 corps qui ont été enterrés sans qu'on puisse les identifier", a indiqué le chef de cette ONG qui se base sur un large réseau de témoins et de militants.

Depuis des semaines, les découvertes macabres se multiplient en Syrie, de nombreux cadavres de personnes, souvent exécutées sommairement, étant régulièrement retrouvés, notamment à Alep (nord) et à Damas, les deux plus grandes villes du pays.

"A Damas, on a pu prouver que des corps appartenaient à des combattants (insurgés), à des militants ou à leurs proches", a expliqué M. Abdel Rahmane.

Mais à Alep, où régime et rébellion se livrent une bataille cruciale, "le conflit prend des allures de guerre civile car il y a des clans pro-régime qui se battent contre des rebelles", a-t-il poursuivi.

"Ce qui se passe n'est pas normal et ça se multiplie", a dénoncé le chef de l'OSDH.

Pour la seule journée de jeudi, plus de 50 corps non identifiés ont été retrouvés à travers la Syrie, dont 14 dans le quartier de Tadamoun à Damas et 21 à Alep et sa province. La plupart sont retrouvés les mains ligotées, une balle dans la tête.

Ces exécutions "se répandent en Syrie et impliquent un plus grand nombre de victimes qu'avant", a estimé Nadim Houry, directeur de Human Rights Watch au Liban.

"Cela montre une recrudescence de la brutalité dans le conflit. Plus il y a d'exécutions en masse, plus il est difficile de sortir de cet abysse", a-t-il ajouté.

Vendredi, l'armée a bombardé plusieurs quartiers d'Alep, détruisant des maisons. Parmi les quartiers pilonnés figure Salaheddine tenu en partie par les rebelles, a indiqué l'OSDH.

Dans la province d'Alep, la ville d'Azaz, cible de pilonnages meurtriers au cours des dernières semaines, était également violemment bombardée, faisant des blessés et détruisant des maisons.

Régime et rebelles affirment que les bombardements dans la province visent à couper les routes d'approvisionnement en armes acheminées vers les insurgés de la grande métropole du Nord.

Dans une autre province rebelle, Idleb (nord-ouest), les localités d'Ariha et de Maaret al-Noomane était de même violemment pilonnées, selon l'OSDH.

A l'aube, de violents combats ont également éclaté dans plusieurs quartiers de Hama (centre), un des hauts lieux de la contestation.

Au moins 14 personnes, dont 13 civils, ont été tuées vendredi à travers la Syrie selon un bilan provisoire de l'OSDH.

ram-am/sbh

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