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Merkel souhaite que la Grèce reste dans la zone euro

24/08/2012 12:02 EDT | Actualisé 24/10/2012 05:12 EDT

BERLIN - BERLIN (Sipa) — L'Allemagne souhaite que la Grèce reste dans la zone euro, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel en recevant le Premier ministre grec Antonis Samaras à Berlin vendredi.

"Je veux dire très clairement ici (...) que la Grèce fait partie de la zone euro et que je voudrais que la Grèce reste dans la zone euro", a-t-elle martelé.

Plusieurs hommes politiques allemands ont récemment évoqué ouvertement la sortie de l'euro de la Grèce. Le ministre allemand de l'Economie, Philipp Rösler, a déclaré que l'idée avait "perdu de son horreur".

Interrogé par la chaîne de télévision ZDF sur les risques pour l'euro en cas de départ de la Grèce, le chef du groupe conservateur au Bundestag (chambre basse) Volker Kauder a répondu que les fonds de soutien étaient prévus pour empêcher la contagion aux autres pays, et que par conséquent "ce ne serait pas un problème pour l'euro".

Antonis Samaras a estimé qu'il était temps de cesser d'évoquer le départ de la Grèce de la zone euro.

"Peut-il y avoir un seul homme d'affaires qui investisse dans le pays s'il sait qu'il investira en euro et recevra des drachmes? Non", a conclu M. Samaras. "Vous pouvez imaginez que cette cacophonie (...) crée des problèmes si importants qu'on a l'impression de se battre pour rien." Il a récemment mis en garde contre un effet domino d'une sortie de la Grèce de l'euro pour le reste du bloc monétaire.

Après sa rencontre avec Antonis Samaras, Angela Merkel a déclaré que "pour regagner la confiance, nous devons répondre aux attentes, et j'ai donc fait savoir clairement lors des discussions que nous attendions bien sûr de la Grèce que les engagements qu'elle a pris soient mis en oeuvre, que les actes suivent les paroles."

"Mais répondre aux attentes signifie aussi que la Grèce est en droit d'attendre de l'Allemagne que nous ne formulions pas de jugements prématurés", a ajouté la chancelière, estimant que l'Allemagne devait attendre le rapport des inspecteurs de la "troïka" formée par l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), qui doivent se rendre en Grèce en septembre.

La rencontre de vendredi "était un bon début mais il est apparu clairement au cours de la discussion qu'il y avait beaucoup à faire", a jugé Angela Merkel.

La Grèce "restera fidèle à ses engagements", a assuré Antonis Samaras. "Pour être précis, nous sommes déjà en train de le rester. Je suis convaincu que le rapport de la troïka signalera que le nouveau gouvernement de coalition en Grèce produira rapidement des résultats", a-t-il ajouté.

Angela Merkel a jugé qu'il existait "deux réalités" que les dirigeants européens devaient tenter de concilier. D'un côté, les Grecs traversent leur cinquième année consécutive de récession et se voient encore demander davantage de sacrifices. De l'autre, les Allemands ont donné "beaucoup d'argent à la Grèce et on arrive toujours à un point où ce que nous avions espéré n'est pas arrivé, et cela engendre beaucoup d'impatience", a expliqué Mme Merkel.

Elle n'a pas répondu aux espoirs d'Antonis Samaras de disposer de davantage de temps pour mettre en place ses réformes, qu'il a réitérés lors de la conférence de presse commune de vendredi. La veille au soir, Angela Merkel et François Hollande avaient exhorté la Grèce à poursuivre ses réformes, même douloureuses, mais n'avaient pas non plus mentionné les deux ans de délai supplémentaire qu'Athènes réclame.

M. Samaras souhaite que le plan de rigueur grec soit étalé jusqu'en 2016 et non 2014 comme prévu. "Nous ne voulons pas de plus d'aide, nous n'avons pas demandé plus d'argent. Mais nous avons besoin de temps pour respirer. C'est un grand saut pour la Grèce", a-t-il insisté.

Volker Kauder s'est déclaré "très sceptique" quant à la pertinence d'accorder davantage de temps à la Grèce. "Ma position est que ni le temps ni la position en substance ne doivent être renégociés. La Grèce doit maintenant accomplir son devoir."

Les réformes structurelles ont été exigées en contrepartie des deux plans de sauvetage internationaux à plus de 240 milliards d'euros qui ont évité à la Grèce la faillite depuis mai 2010.

Athènes affiche une dette de plus de 300 milliards d'euros (372 milliards de dollars). Le taux de chômage dépasse les 23% et la plupart des Grecs ont consenti d'énormes sacrifices qui ont dégradé leurs conditions de vie ces dernières années.

Le déblocage d'une tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros, sans laquelle la Grèce risque de faire faillite et de devoir renoncer à l'euro, dépend des conclusions des inspecteurs de la "troïka".

Antonis Samaras devait rencontrer François Hollande à Paris samedi. De son côté, Angela Merkel a rendez-vous mercredi avec le Premier ministre italien Mario Monti, dont le pays lourdement endetté est confronté à des taux d'emprunt élevés.

cf/AP-v0335/st

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