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L'OIT exhorte l'Afrique du Sud à faire davantage pour les mineurs

24/08/2012 05:24 EDT | Actualisé 24/10/2012 05:12 EDT

L'Afrique du Sud pourrait faire davantage pour les conditions de travail des mineurs, a averti vendredi l'Organisation internationale du travail (OIT), réagissant aux 44 morts de la mine de Maikana, pour la plupart tués dans une fusillade de la police.

"Davantage d'efforts pourraient être déployés pour mieux appliquer les réglementations minières existantes, en particulier lorsqu'il s'agit de la sécurité et de la santé des mineurs", a déclaré le spécialiste du secteur minier à l'OIT, Martin Hahn.

La semaine dernière, 44 personnes ont trouvé la mort dans la mine de platine de Marikana, dans le nord de l'Afrique du Sud, au cours d'un mouvement de grève qui réclamait des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail.

M. Hahn affirme que "les mineurs comme ceux de Marikana, une zone où les opérations se déroulent à la fois à ciel ouvert et en sous-sol, sont souvent exposés à une multitude de dangers: éboulements, poussière, bruits intensifs, fumées et températures élevées, entre autres".

De nombreux mineurs souffrent aussi de maladies comme la silicose et la tuberculose, déplore l'OIT. Les taux de VIH peuvent aussi être élevés parce que les mineurs, parfois contraints de laisser leur famille derrière eux pour trouver du travail, sont davantage exposés à des relations sexuelles occasionnelles.

Les salaires, selon l'OIT, sont souvent élevés pour les travailleurs hautement qualifiés comme les ingénieurs et les cadres, mais ils peuvent être très faibles pour les mineurs qui apprennent leur métier sur le tas et ont un niveau d'instruction limité.

L'OIT observe toutefois que l'Afrique du Sud a pris d'importantes mesures depuis la fin de l'apartheid pour s'attaquer aux conditions de travail dans l'industrie minière, ce qui s'est traduit par un recul de la mortalité dans le secteur: le nombre de morts dans les mines sud-africaines est passé de 774 en 1984 à 128 en 2010, selon l'OIT.

Ces dernières années, l'industrie minière a connu un grand essor en Afrique du Sud. Selon un rapport gouvernemental de 2008, cité par l'OIT, le secteur employait 2,7% de la population économiquement active.

Malgré le recul des taux de mortalité, "il reste beaucoup à faire pour créer une culture indispensable de prévention en matière de sécurité et de santé dans chaque mine, et pour que l'Afrique du Sud atteigne l'objectif de zéro décès", a affirmé M. Hahn.

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