Lance Armstrong va perdre ses sept victoires dans le Tour de France et sera radié à vie du cyclisme professionnel, a annoncé l'Agence américaine antidopage (Usada) après que le coureur eut renoncé à contester les accusations de dopage contre lui.
Le directeur général de l'Usada, Travis Tygart, a déclaré jeudi soir à l'AFP qu'Armstrong serait aussi dépossédé de tous ses résultats depuis le 1er août 1998, une décision qui doit toutefois encore recevoir l'aval de l'Union cycliste internationale (UCI), avec laquelle l'agence américaine entretient des relations houleuses. "C'est un triste jour pour tous ceux d'entre nous qui aimons le sport et nos athlètes", a ajouté Tygart.
L'UCI, qui a demandé récemment que l'affaire soit mise entre les mains d'une autorité indépendante car elle reproche à l'Usada de n'avoir "aucun respect pour les règles et les principes d'une procédure régulière", a déclaré qu'elle réagirait par communiqué à cette annonce.
Le patron de l'Agence mondiale antidopage (AMA), John Fahey, a regretté que Armstrong n'ai pas été entendu "par un tribunal en audience publique dans le cadre d'une procédure juste", tout en soulignant à la radio australienne ABC que la décision du coureur ressemble fort à un aveu de culpabilité.
"Il ne peut y avoir d'autre interprétation", a-t-il dit.
"Son incapacité à réfuter les charges a permis à l'Usada de considérer cela comme un aveu de culpabilité et d'imposer des sanctions", a-t-il ajouté.
Armstrong répète toutefois qu'il est innocent dans le communiqué publié jeudi soir où il déclare renoncer à poursuivre sa bataille judiciaire contre l'Usada qui l'accuse d'avoir utilisé des substances interdites notamment de l'EPO et des stéroïdes, ainsi que des transfusions sanguines depuis 1996 (bien 1996).
L'Usada ajoute que dix anciens équipiers de l'Américain sont prêts à témoigner contre lui.
Armstrong a pris sa décision après le rejet du tribunal fédéral d'Austin, au Texas, de son recours contre l'Usada, qui laisse le champ libre à l'agence antidopage pour poursuivre sa procédure contre lui.
Selon M. Tygart, qui a annoncé une conférence de presse de l'Usada vendredi sur cette affaire, "il s'agit d'un exemple poignant de la manière dont la culture du gagner-à-tout-prix peut, si elle n'est pas contrôlée, submerger la compétition juste, sûre et honnête".
Armstrong dit renoncer à sa lutte contre l'Usada par lassitude et parce qu'il veut se consacrer au travail de sa fondation Livestrong contre le cancer, maladie qu'il a vaincue en 1997.
"Aujourd'hui, je tourne la page", écrit l'Américain, père de cinq enfants.
"Je ne m'occuperai pas plus longtemps de cette question, étant donné les circonstances", déclare le coureur estimant que "depuis le début, cette enquête n'a pas eu pour but d'établir la vérité ou de nettoyer le cyclisme, mais de me punir à tout prix".
Dans son recours devant le tribunal fédéral d'Austin, il accusait l'Usada de n'être pas compétente pour le poursuivre et demandait un arbitrage en justice, estimant que ses droits constitutionnels avaient été violés.
"C'est une très mauvaise nouvelle pour le cyclisme, c'est encore une fois un problème de ces fameuses années fin 90-début 2000. Cela dit, si Armstrong a triché, c'est tout à fait normal qu'il soit sanctionné", a déclaré sur RTL Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour de France en 1975 et 1977.
"Désolé pour le Tour de France, le cyclisme", Laurent Jalabert, coureur professionnel de 1989 à 2002 et sélectionneur de l'équipe de France, s'est dit néanmoins persuadé que Armstrong est "un immense champion", toujours sur RTL.
L'Américain, champion du monde en 1993 avant son cancer, a remporté sept Tours de France consécutifs de 1999 à 2005, un record, après sa maladie.
A l'époque moderne, deux coureurs ont gagné le Tour sur tapis vert à la suite d'un contrôle antidopage positif du vainqueur. L'Américain Floyd Landis a laissé la place à l'Espagnol Oscar Pereiro pour l'édition 2006. L'Espagnol Alberto Contador a fait de même au profit du Luxembourgeois Andy Schleck pour 2010.
Mais dans le cas d'Armstrong, chambouler le palmarès du Tour s'apparente à un casse-tête. A titre d'exemple, son dauphin a été à trois reprises (2000, 2001, 2003) l'Allemand Jan Ullrich, lui aussi sanctionné pour dopage dans le cadre de l'affaire Puerto et privé récemment de sa 3e place du Tour 2005.
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AFPQC | Par AFP Publication: 24/08/2012 05:17 Mis à jour: 24/08/2012 08:18