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Des militants de Greenpeace escaladent une plateforme de forage russe

24/08/2012 02:30 EDT | Actualisé 24/10/2012 05:12 EDT

MOSCOU - Six militants de Greenpeace, dont un Canadien, ont escaladé une plateforme pétrolière russe flottante, vendredi matin, et monté des tentes sur ses flancs pour protester contre le forage dans l'Arctique.

Les individus ont passé plusieurs heures accrochés à la plateforme Prirazlomnaya dans la mer de Pechora, en étant attachés aux ancres de l'installation. Ils s'étaient préparés à une longue occupation en apportant des fournitures, dont les tentes, mais ont finalement évacué les lieux après que des travailleurs sur la plateforme leur eurent lancé des morceaux de métal.

Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube par Greenpeace, l'Ontarien Terry Christenson affirme prendre part à cette action pour ses petits-enfants et les «petits enfants de la planète».

«Je crois qu'il s'agit d'une catastrophe qui se prépare», a dit M. Christenson, qui pratique l'escalade depuis environ 20 ans.

Au début de leur action, les six militants, dont le directeur exécutif de Greenpeace Kumi Naidoo, se sont fait offrir de la soupe chaude, avant d'être aspergés de jets d'eau glacée.

M. Naidoo a ajouté sur Twitter que les employés de la plateforme, exploitée par le géant russe énergétique Gazprom, leur lançaient désormais des morceaux de métal. «Nous descendons», écrivait-il.

Deux hélicoptères sont arrivés à la plateforme, mais sont repartis sans déranger les protestataires. Les militants ont réussi à installer une bannière indiquant «Ne tuez pas l'Arctique».

«Nous sommes ici de façon pacifique et nous continuerons à attirer l'attention du peuple russe et des gens de la planète sur ce qui se passe ici», a déclaré M. Naidoo à l'Associated Press lors d'une entrevue téléphonique depuis la plateforme.

«C'est néfaste pour la Russie, et c'est néfaste pour la planète.»

L'entreprise d'État Gazprom a installé la plateforme de forage l'an dernier, et se prépare à creuser le premier puits.

Dans un communiqué transmis par courriel, l'entreprise a précisé que les militants «avaient été invités à monter en haut de la plateforme pour discuter de façon constructive», mais ajoute que ceux-ci avaient refusé. Gazprom a également dit que «toutes les activités de la plateforme se poursuivaient de façon normale».

La plateforme se trouve à environ 1000 kilomètres du port le plus proche, Mourmansk, une ville à l'extrême nord-est du territoire russe.

Des environnementalistes russes et internationaux ont mis en garde contre les forages dans l'Arctique en raison de l'absence de technologie et d'infrastructures pour gérer un éventuel déversement dans une région reculée connue pour ses énormes icebergs et ses fortes tempêtes.

Une enquête de l'Associated Press a permis de découvrir l'an dernier qu'au moins un pour cent de la production pétrolière russe annuelle, ou cinq millions de tonnes, fait l'objet de fuites ou de déversements.

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