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Cinéma: une comédie-film d'horreur chinoise a ouvert le festival de Montréal

24/08/2012 12:37 EDT | Actualisé 24/10/2012 05:12 EDT

Le cinéma chinois, en plein essor depuis des années, pénètre dans le créneau des films d'horreur ayant pour thème un monstre, avec "Million Dollar Crocodile", montré en première mondiale jeudi à Montréal.

Arrivant 58 ans après "Godzilla" et 37 ans après "Les Dents de la mer", le film de Lisheng Lin projeté en ouverture du Festival des films du monde est plus une comédie ou un film d'action qu'un film d'horreur.

Certes, le crocodile géant échappé de sa cage dévore un méchant gangster. Ce n'est qu'un juste retour des choses, puisque ce dernier, joué par l'acteur de Hong Kong Lam Suet, voulait justement le transformer en mets délicats destinés aux touristes à la recherche d'exotisme.

Mais le ketchup souvent giclant abondamment à la place du sang dans ce genre de production n'a pas dû peser lourd dans le budget, sans rapport avec ceux des films américains à succès, puisqu'il se serait élevé, selon des médias chinois, à 4,7 millions de dollars.

Fait sans autre ambition que celle d'amuser le grand public, le film offre en passant aux spectateurs occidentaux ordinaires, peut-être pas très avertis de l'évolution rapide de la société chinoise, une image de la Chine du 21e siècle étonnamment proche de l'Occident capitaliste et fascinée par l'argent.

Le gros reptile vient d'une ferme privée et il est vendu par son propriétaire, pour un gros paquet de billets de banque, à un autre entrepreneur privé. Le gangster, qui est derrière cette transaction, pense lui aussi faire une affaire en servant sa viande dans un restaurant.

Et la motivation première de la jeune femme rentrée d'un séjour en Italie - la belle actrice taiwanaise Barbie Hsu -, qui traque le crocodile sans penser au danger, est le paquet de 100.000 euros avalé accidentellement par l'animal.

Le film démarre avec un playboy dans une décapotable sur une autoroute qui cherche à caresser le genou de sa passagère, puis il se poursuit par une poursuite du crocodile en 4x4 et se termine sur un coup de revolver qui règle tout.

La fascination de l'argent semble avoir poussé les promoteurs du film à oublier les taux de change: les 100.000 euros représentent environ un million de yuans, chiffre cité par les protagonistes, mais la valeur du crocodile atteint un million de dollars dans le titre.

Enfin, d'après les premières critiques publiées après le lancement du film en Chine début juin, le crocodile s'appelait Mao... Dans la version projetée jeudi à Montréal, il est devenu Amao. Histoire de montrer que le passé est le passé et qu'on ne lui fait même plus de clin d'oeil.

via/are

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