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Un militant bahreïni acquitté pour insultes aux sunnites, reste en prison

23/08/2012 05:32 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

Une cour d'appel de Bahreïn a acquitté jeudi le militant chiite des droits de l'Homme Nabil Rajab, condamné en première instance à trois mois de prison pour des propos sur Twitter, mais il doit toujours purger une peine de trois ans pour participation à des manifestations.

Selon une source judiciaire, la cour d'appel a acquitté M. Rajab, condamné le 9 juillet à trois mois de prison ferme pour des propos sur le site de microblogs jugés insultants à l'égard des habitants de Mouharraq, une localité à majorité sunnite.

Au cours de l'audience, M. Rajab, qui dirige le "Bahrain Centre for Human Rights", "s'est plaint de tortures physiques et morales", selon des avocats de la défense. Il a affirmé qu'il était incarcéré seul "dans une cellule sombre" et était privé de contacts avec sa famille.

Le militant, âgé de 48 ans, avait été condamné le 16 août à trois ans de prison ferme pour participation à des manifestations non autorisées, suscitant les protestations de plusieurs pays occidentaux et d'organisations de défense des droits de l'Homme.

Amnesty International avait appelé les autorités bahreïnies à libérer M. Rajab, qu'elle a qualifié de "prisonnier d'opinion".

Son procès en appel dans cette affaire doit s'ouvrir le 10 septembre, selon son avocat.

Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation de la monarchie sunnite, animé par les chiites, majoritaires, qui réclament une monarchie constitutionnelle.

Plusieurs manifestations ont récemment eu lieu dans les villages chiites entourant Manama, au cours desquelles les protestataires ont brandi des portraits de M. Rajab et appelé à sa libération, selon des témoins.

Ils ont été dispersés par les forces de sécurité à coups de grenades lacrymogènes et de tirs de fusils de chasse, selon les habitants.

La mort d'un adolescent chiite de 16 ans vendredi, tué par des tirs de chevrotine, avait provoqué une escalade des manifestations.

Ses obsèques à Mouharraq dont il était originaire ont donné lieu à de violents affrontements entre protestataires et policiers.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé l'arrestation ces derniers jours de 19 "saboteurs" accusés d'avoir jeté des cocktails Molotov sur la police.

Le Premier ministre, Khalifa ben Salman Al Khalifa, s'est rendu à Mouharraq mercredi, et a assuré aux habitants qu'il les considérait comme "le rempart qui protège la sécurité et la stabilité du pays", d'après l'agence officielle BNA.

Le prince Khalifa, dont l'opposition chiite réclame le départ, a ajouté qu'il refusait "toute tentative de porter atteinte" aux habitants de Mouharraq.

bur-at/sbh

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