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Un journaliste égyptien mis en détention préventive

23/08/2012 06:22 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

Le rédacteur en chef du quotidien égyptien indépendant al-Dostour, Islam Afifi, a été mis en détention préventive à l'ouverture jeudi de son procès pour publication d'informations mensongères et incitation à la déstabilisation du pays, a constaté un correspondant de l'AFP.

Il restera en détention jusqu'au 16 septembre, date de la prochaine audience, a statué le juge du tribunal pénal de Guizeh, au Caire. Il s'agit du premier procès d'un journaliste égyptien depuis la chute de l'ancien président Hosni Moubarak en février 2011.

Interrogé par l'AFP avant l'annonce de sa mise en détention, M. Afifi a affirmé que son procès était "politique" et que les plaintes déposées contre lui étaient le fait de "personnes qui ont des motivations politiques".

"Ce procès sera un véritable test pour l'une des demandes essentielles de la révolution égyptienne qui est la liberté d'expression", a-t-il ajouté.

Les poursuites en justice contre M. Afifi ont été annoncées le 16 août en même temps que celles contre le présentateur de télévision Tewfik Okacha qui est accusé d'"incitation au meurtre" du président Mohamed Morsi.

M. Okacha dirige la chaîne de télévision privée Al-Faraïn (Les Pharaons) qui diffuse un programme très hostile à M. Morsi et aux Frères musulmans dont il est issu. Il a été interdit de quitter le territoire de même que M. Afifi.

Les autorités ont suspendu la diffusion de la chaîne pour un mois.

Les poursuites contre les deux journalistes interviennent alors que des militants anti-Morsi ont annoncé l'organisation vendredi de manifestations de protestation contre le chef de l'Etat.

Après son entrée en fonctions le 30 juin, M. Morsi a affirmé son pouvoir en mettant à la retraite des hauts responsables de l'influente armée. Il a aussi fait nommer par la chambre haute, dominée par les Frères musulmans, de nouveaux rédacteurs en chef à la tête des médias d'Etat, qui lui étaient très hostiles.

A l'annonce des poursuites, le département d'Etat américain s'était dit "très inquiet" des restrictions à la liberté de la presse en Egypte.

La porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland avait souligné que la liberté d'expression et la liberté des médias étaient au coeur des "régimes démocratiques solides et dynamiques" et correspondaient aux aspirations des Egyptiens qui ont contribué au départ de M. Moubarak.

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