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Tempête sur la Toile après des propos insultants pour les Saoudiennes

23/08/2012 09:02 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

Les propos d'un journaliste saoudien sur le site de microblogs Twitter, selon lesquels certaines de ses concitoyennes se prostitueraient à Dubaï, ont provoqué une levée de boucliers sur la Toile dans le royaume ultraconservateur.

Mohammad Al-Cheikh, qui publie un éditorial dans le quotidien Al-Jazira, a affirmé que "des Saoudiennes se prostituent à Dubaï", la ville la plus libérale du Golfe où des centaines de milliers de Saoudiens affluent le week-end et pendant les vacances.

Son commentaire, publié la semaine dernière, a provoqué une tempête de protestations sur Twitter, notamment de la part de conservateurs musulmans, certains l'appelant à s'excuser et d'autres réclamant qu'il soit jugé.

Un influent religieux, actif sur Twitter, cheikh Nasser al-Omar, a affirmé que "celui qui insulte une seule musulmane doit être jugé conformément à la charia. Qu'en est-il donc de celui qui insulte toutes les femmes pures d'un pays?".

Un autre prédicateur, Ghazi al-Chammari, a annoncé qu'il allait se rendre la semaine prochaine à Dubaï "pour apporter des preuves de ces mensonges".

L'écrivain libéral a réagi en affirmant que ses propos avaient été mal interprétés mais a refusé de s'excuser.

Pour des millions de Saoudiens, les réseaux sociaux constituent une rare bulle de liberté dans le royaume, qui compte plus de 100.000 personnes actives sur Twitter, et quelque 4,5 millions utilisateurs de Facebook selon un centre des études publiques à Dubaï.

En février, un jeune journaliste saoudien, Hamza Kashgari, avait dû fuir le pays après avoir tenu des propos jugés blasphématoires sur Twitter qui lui avaient valu des menaces de mort.

Il a été arrêté en Malaisie qui l'a livré à l'Arabie saoudite où il est depuis détenu et a publié sur Twitter un poème de repentir.

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