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Syrie: l'armée entre dans une banlieue de Damas, au moins 100 morts dans le pays

23/08/2012 09:20 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les troupes syriennes, appuyées par des chars et des hélicoptères, sont entrées dans une banlieue de Damas jeudi après deux jours de bombardements et de violents affrontements, dans le cadre d'une offensive des forces du régime de Bachar el-Assad pour reprendre le contrôle des secteurs de la capitale et de ses banlieues tenus par les rebelles, ont déclaré des militants.

Au moins 15 personnes ont été tuées dans l'offensive à Daraya, à quelques kilomètres au sud-ouest de Damas. Les tirs d'obus des forces gouvernementales ont notamment tué une mère et ses cinq enfants, selon les Comités locaux de coordination.

À travers le pays, au moins 100 personnes ont péri dans les bombardements et les affrontements armés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme et les Comités locaux de coordination, deux organisations de l'opposition.

Ce nouveau bain de sang coïncide avec le départ de la capitale syrienne des derniers observateurs militaires de l'ONU présents dans le pays, après l'échec de leur mission.

Alors que la Syrie s'enfonce de plus en plus dans la guerre civile, les groupes militants rapportent régulièrement des bilans allant de 100 à 250 morts par jour, mais il est impossible de confirmer ces bilans de source indépendante.

Des résidants de Damas ont déclaré jeudi que les forces gouvernementales bombardaient Daraya et la ville voisine de Moadamiyeh à partir du mont Kassioun, qui surplombe la capitale.

«Ce n'est qu'un jour comme les autres à Damas», a déclaré un résidant de cette ville de 1,7 million d'habitants, qui a réclamé l'anonymat par crainte de représailles. «Je me suis réveillé avec le bruit des explosions et elles n'ont pas cessé depuis.»

Dans l'est du pays, des rebelles étaient engagés dans de violents combats contre l'armée dans la ville d'Al-Bukamal, située près de la ville frontalière irakienne de Qaim.

Les rebelles contrôlent le poste frontalier de la région depuis le mois dernier, mais la prise d'Al-Bukamal leur permettrait de s'imposer le long de la frontière irakienne.

Les insurgés contrôlent déjà une large bande de territoire le long de la frontière turque, ainsi que des poches aux frontières jordanienne, au sud, et libanaise, à l'ouest, des points stratégiques pour le passage d'hommes et de matériel en provenance de l'étranger, et pour permettre aux réfugiés de gagner les pays voisins.

Les rebelles ont pris le contrôle d'une série de postes de sécurité, du principal commissariat d'Al-Bukamal et du siège local de la Direction de la sécurité politique, l'une des principales agences de renseignement du régime, a déclaré Rami Abdul-Rahman, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

«Il y a une tentative (des rebelles) pour prendre le contrôle total d'Al-Bukamal», a déclaré M. Abdul-Rahman.

Les Comités locaux de coordination ont affirmé que des avions militaires bombardaient Al-Bukamal, mais selon le directeur de l'Observatoire, les avions passent au-dessus de la ville pour atteindre des cibles voisines, mais pas la ville elle-même.

Un militant de la ville de Deir el-Zour, Abou-Omar al-Deery, a déclaré par téléphone qu'il y avait des «batailles féroces» à Al-Bukamal et que «l'Armée syrienne libre essaie de libérer et de nettoyer la ville».

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