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Standard and Poor's ne met plus la note de l'Egypte sous surveillance

23/08/2012 11:46 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

L'agence de notation financière Standard and Poor's a annoncé jeudi qu'elle maintenait sa note "B" pour l'Egypte avec une "perspective négative", mais qu'elle n'était plus "sous surveillance".

SP justifie dans un communiqué cette légère amélioration de son évaluation par le fait que les Frères musulmans, la formation d'origine du président Mohamed Morsi, et le puissant appareil militaire semblent "se diriger vers une forme d'arrangement pour travailler ensemble".

"A notre avis, cela pourrait permettre aux autorités de répondre à quelques uns des défis structurels les plus pressants et juguler la détérioration des comptes publics et extérieurs", ajoute le communiqué.

La "perspective négative" pourrait toutefois se traduire par un abaissement de la note "si des tensions politiques et sociales devaient se développer à nouveau".

"Des incertitudes demeurent sur les objectifs des autorités politiques et le statut d'institutions clé de l'Etat", ajoute SP dans son commentaire. L'agence s'inquiète notamment de la résurgence possible de troubles lors de l'élaboration de la constitution, ou de prochaines élections législatives.

Standard & Poor's avait annoncé le 10 février qu'elle abaissait la note de l'Egypte de "B+" à "B", assortie d'une "perspective négative, en raison du "fort déclin ses réserves en devises" et des "incertitudes politiques".

Le 25 juin l'agence avait ajouté qu'elle plaçait cette note "sous surveillance", en invoquant "une transition politique longue et éventuellement instable".

Depuis lors, le président Morsi a été investi le 30 juin, et son Premier ministre Hicham Qandil a formé un gouvernement début août.

Mi-août, M. Morsi a renforcé son pouvoir en mettant à la retraite le puissant le chef des armées et ministre de la Défense, le maréchal Hussein Tantaoui, et en récupérant pour lui le pouvoir législatif que les militaires s'étaient octroyés depuis la dissolution de l'Assemblée en juin.

Ces bouleversements se sont faits jusqu'à présent sans heurts apparents entre M. Morsi et l'appareil militaire, dont la hiérarchie a été profondément renouvelée.

Le gouvernement égyptien a par ailleurs formalisé mercredi une demande de prêt de 4,8 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI), dont la directrice générale, Christine Lagarde était en visite au Caire. Mme Lagarde ne s'est toutefois pas engagée sur les modalités et le montant de cette aide, qui doivent être négociés dans les prochains mois.

L'Egypte est confrontée depuis la chute du président Hosni Moubarak en février 2011 a une grave crise économique, due notamment à une chute de ses recettes touristiques et un tarissement des investissements étrangers.

La banque centrale connaît notamment une saignée de se réserves en devises, qui sont passées de 36 milliards de dollars début 2011 à 14,4 milliards aujourd'hui, faisant craindre pour la capacité du pays à continuer d'assurer des importations de produits de première nécessité et à honorer ses engagements financiers internationaux.

cr/hj

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