POLITIQUE

Le fruit constitutionnel ne mûrira pas au cours du prochain mandat, dit Charest

23/08/2012 11:40 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Pourfendant les tergiversations de ses adversaires sur le front référendaire, le chef libéral Jean Charest a déclaré jeudi que le fruit constitutionnel ne mûrira pas au cours du mandat du prochain gouvernement.

M. Charest est apparu ragaillardi, lors d'une conférence de presse matinale au lendemain d'un débat télévisé entre la chef du Parti québécois, Pauline Marois, et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Prenant un plaisir non dissimulé à souligner leurs contradictions, le chef libéral a même laissé entendre qu'il avait réussi à tirer son épingle du jeu tout en étant absent de l'affrontement, qui s'est déroulé mercredi soir.

«J'estime avoir fait un très bon débat hier soir», a-t-il laissé tomber, avec son pince-sans-rire caractéristique.

M. Charest a estimé que l'exercice opposant Mme Marois à M. Legault s'est résumé à une «télé-réalité» exposant leur désaccord sur la stratégie référendaire souverainiste.

«La discussion d'hier, c'était entre deux souverainistes qui ne s'entendent pas sur la stratégie référendaire, c'est juste ça», a-t-il dit.

En après-midi jeudi, à Lachute, dans le stationnement d'une usine qu'il s'apprêtait à visiter, M. Charest a continué de faire ses choux gras du débat, en rencontrant une vingtaine de militants libéraux.

«J'ai eu un bon débat hier (mercredi) soir. La discussion sur la date du référendum», leur a-t-il lancé, suscitant quelques rires et applaudissements.

Lors de sa conférence de presse matinale, questionné sur son bilan et ses plans en matière constitutionnelle, M. Charest a affirmé qu'il n'entrevoit aucune ouverture pour entamer des discussions sur l'adhésion du Québec à la Constitution canadienne.

Vantant la souplesse du fédéralisme, M. Charest a expliqué que ce débat sera cependant abordé éventuellement.

«Un jour, nous arriverons à ce débat-là, a-t-il dit. Est-ce que c'est demain? Non. Est-ce que ça fait partie des choses que nous voyons à l'horizon à court terme? Non.»

Après avoir promis des investissements pour les soins aux personnes âgées, le chef libéral a indiqué qu'il ne s'attend à aucune ouverture au cours du mandat du prochain gouvernement, qui sera élu le 4 septembre prochain.

«Je n'ai pas de cible pour le mandat en cours», a-t-il dit.

M. Charest a soutenu que sa priorité à court terme, dans ses relations avec Ottawa, est de discuter des transferts fédéraux aux provinces.

«L'objectif pour le mandat en cours, l'objectif à court terme, qui est certainement le plus urgent et sur lequel on s'entend avec toutes les autres provinces au Canada, c'est la question des transferts», a-t-il dit.

Un ancien ministre libéral des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoit Pelletier, avait consacré une expression en affirmant que le «fruit constitutionnel n'est pas mûr».

En 2008, M. Charest avait réclamé une entente administrative qui garantirait au Québec la gestion des fonds fédéraux en matière de culture et de communications, une démarche qu'il privilégiait car elle ne nécessiterait pas de rouvrir l'épineux dossier constitutionnel.

À Ottawa, les conservateurs n'ont donné aucune suite à cette demande, mais M. Charest a affirmé jeudi qu'elle était encore sur la table, et que le sujet est abordé «périodiquement» avec ses homologues fédéraux.

«Dans une relation de type fédéral, il y a toujours des dossiers qui sont d'ailleurs à régler et dans le cas de la culture et des communications, c'est une affaire que nous voulons faire avancer», a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Charest s'est défendu de favoriser les entreprises qui souhaitent s'établir sur le territoire du Plan Nord, son projet-phare de développement économique.

Le chef libéral a réagi ainsi à des propos de l'ancienne ministre Nathalie Normandeau, qui a déclaré dans une entrevue au magazine L'Actualité que ces sociétés réussissaient à obtenir plus rapidement les autorisations réglementaires pour leur installation.

«Il n'y a aucun cas où on a relevé un quelconque favoritisme, entendons-nous, a-t-il dit. Il n'y en a pas.

«Ce qu'on a voulu et ce qu'on veut c'est essayer d'accélérer les projets, de permettre de les développer de manière cohérente, par exemple en développant un guichet unique à travers la Société du Plan Nord qui leur permet de frapper à une porte et d'obtenir des réponses le plus rapidement possible.»

Au chapitre des annonces électorales, M. Charest a promis d'injecter 60 millions $ pour rénover des centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) et aider les personnes âgées en perte d'autonomie à demeurer chez elles ou dans des établissements adaptés.

Après cet événement, la caravane libérale a mis le cap sur la circonscription d'Argenteuil, qui a basculé dans le giron du PQ lors d'une élection complémentaire en juin dernier. M. Charest a visité une usine de composantes électroniques, en compagnie de sa candidate Lise Proulx.

Mme Proulx tentera de reconquérir la circonscription, représentée jusqu'en décembre par l'ex-ministre David Whissel. Lors de l'élection partielle, le péquiste Roland Richer avait gagné grâce à une mince avance de 593 votes.

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