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Quel avenir pour les régimes de retraite?

23/08/2012 07:06 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

À la fois bombe à retardement et véritable enjeu pour les finances du Québec et des Québécois, la question de l'avenir des régimes de retraite n'a été que rarement abordée depuis le début de la campagne électorale. Les trois principales formations politiques en lice - le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec - admettent pourtant qu'elles devront agir s'ils sont élus le 4 septembre.

« Ça sera un des grands enjeux des finances publiques des prochaines années », convient ainsi Raymond Bachand, le ministre des Finances et candidat libéral dans Outremont. De son côté, le candidat péquiste dans Rousseau, Nicolas Marceau, se dit « extrêmement préoccupé » par la situation des régimes de retraite. Christian Dubé, qui porte les couleurs de la CAQ dans Lévis, est tout aussi catégorique : « Cette explosion-là des coûts ne peut pas continuer. »

Les difficultés des régimes de retraite sont connues et reconnues. Les chiffres parlent d'ailleurs d'eux-mêmes. Le déficit actuariel des régimes publics atteint quelque 30 milliards de dollars. Celui des caisses privées est évalué à 26 milliards. Quant aux régimes municipaux, ils ne sont pas en reste, avec des déficits estimés à 5 milliards de dollars.

Le gouvernement sortant a mis en place un comité chargé d'étudier la question. Son ministre des Finances, Raymond Bachand, livre quelques-unes de ses pistes de réflexion : « Qui paie pour les régimes? Quel est le pourcentage que chacun doit payer? Est-ce qu'on devrait tendre vers le 50/50 et non vers le 30/70? Sûrement qu'on devrait tendre vers ça », explique le candidat libéral, évoquant à demi-mot l'idée que les employés pourraient contribuer davantage pour leurs vieux jours.

La structure même des régimes de retraite est également remise en cause. La formule à prestations déterminées, dans laquelle le montant de la rente est fixé à l'avance, n'apparaît plus viable. Deux solutions sont alors envisageables. Soit opter pour un système à cotisation déterminée (la rente dépend des sommes accumulées au fil de la vie professionnelle), soit privilégier une solution hybride.

Selon Raymond Bachand, un bon régime hybride prévoirait une retraite de base, dont le montant serait déterminé à l'avance, couplée à une rente variable dépendante des rendements du régime, dans une proportion de 10 %.

Qu'en est-il des régimes du secteur privé?

Les règles régissant les taux de solvabilité des régimes de retraite du secteur privé ont déjà été assouplies. Elles accordent plus de temps aux entreprises en difficulté pour renflouer leurs déficits actuariels.

Pour Nicolas Marceau, cet assouplissement a permis à des entreprises qui n'étaient pas en difficulté financière de réduire leur contribution à ces régimes. « Ça nous a mené à ce que nous observons aujourd'hui, [avec] un très grand nombre de régimes de retraite qui sont à des niveaux très faibles de solvabilité », souligne le candidat du PQ qui prône un resserrement de la réglementation. « À moins qu'il y ait une situation très exceptionnelle, nous allons faire en sorte que les contributions des employeurs se poursuivent », explique-t-il.

S'agissant des régimes de retraite des villes, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a dernièrement interpellé les partis politiques. Elle souhaite un meilleur partage des risques entre employeurs et employés. Autrement dit que ces derniers contribuent davantage.

La CAQ partage peu ou prou le point de vue de l'UMQ. « Il faut redonner aux municipalités un certain rapport de force lorsqu'elles vont renégocier les conventions collectives avec leurs employés », estime Christian Dubé, avant d'élargir le débat. « Il va devoir y avoir un réalignement du rapport de force, mais aussi du risque entre l'État, les employés municipaux et les contribuables », conclut-il.

Québec solidaire dévoilera vendredi sa position sur la question de l'avenir des régimes de retraite.

Avec le reportage de Maxime Bertrand

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