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Montréal: dernière grande manifestation étudiante avant les élections québécoises

23/08/2012 06:07 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

MONTREAL - MONTREAL (Sipa) — Plusieurs milliers d'étudiants ont manifesté mercredi à Montréal en appelant les Québécois à chasser le gouvernement libéral aux élections du 4 septembre pour éviter l'augmentation des frais de scolarité, mais la plupart des grévistes ont déjà repris le chemin de l'école.

La sixième manifestation mensuelle du 22 s'est déroulée dans un calme relatif, sous un soleil de plomb. Une personne a cependant été arrêtée, selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Les vitres de deux véhicules, dont un appartenant à un média, ont par ailleurs été fracassées, a affirmé Laurent Gingras, porte-parole du SPVM, cité par La Presse canadienne.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a affirmé que 100.000 personnes avaient défilé mais Radio-Canada avait fait appel à une société spécialisée qui a évalué la foule à un total de 11.650 à 12.250 personnes, avec une marge d'erreur de 10% à 15%. Le SPVM a laissé entendre que cette estimation lui semblait beaucoup plus proche de la réalité.

Au fil de la marche, quelques pancartes électorales ont été arrachées -surtout celles du Parti libéral du Québec (PLQ)- et des feux d'artifice ont éclaté. La tension a grimpé à chaque apparition de l'escouade antiémeute, surtout à l'avant du cortège, où étaient concentrés un groupe d'une vingtaine de manifestants masqués et vêtus de noir. La manifestation a pris fin vers 17 heures locales et la foule s'est dispersée dans le calme.

De l'avis de nombreux participants interrogés par La Presse Canadienne, il pourrait s'agir d'une dernière manifestation étudiante de cette ampleur dans les rues de Montréal.

Avant que le cortège ne se mette en branle, les présidentes de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont uni leur voix pour demander encore une fois aux Québécois de chasser du pouvoir le gouvernement libéral lors des élections du 4 septembre.

Montrer la porte au gouvernement libéral ne suffit toutefois pas, selon les deux fédérations étudiantes. Elles appellent ainsi les Québécois à ne voter ni pour le PLQ, ni pour la Coalition avenir Québec, les deux partis qui préconisent une hausse des droits de scolarité.

Les leaders de la FECQ et de la FEUQ espèrent parvenir à "faire sortir le vote" des jeunes en empruntant les mêmes stratégies que les partis électoraux, notamment en utilisant les listes téléphoniques de leurs membres dans chaque région, a signalé Martine Desjardins (FEUQ), qui souhaite voir le taux de participation électoral des jeunes atteindre 60% ou 65%.

Pour sa part, la co-porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds, estime que l'élection ne suffira pas à régler le malaise qui a pris naissance le printemps dernier, mais juge que la grève aura au moins eu le mérite de susciter "un autre niveau" de réflexions et de débats.

"C'est déjà une victoire. C'est pour ça que peu importe ce qui va se passer dans les prochaines semaines, il va falloir continuer à se mobiliser, continuer à se questionner collectivement et parler d'éducation", a-t-elle jugé.

Les étudiants doivent se réunir en congrès extraordinaire le 13 septembre pour discuter de la suite des événements, à la lumière de l'issue du scrutin provincial.

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