NOUVELLES

Le NPD et la fonction publique dénoncent les compressions à Parcs Canada

23/08/2012 01:38 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Au moment même où le premier ministre Stephen Harper poursuit son périple dans les grands espaces du Nord canadien, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) déplorent la fermeture hâtive des sites historiques et la fin précipitée des visites guidées le 2 septembre prochain.

Les lieux historiques avaient l'habitude de fermer à l'Action de grâce, vers la mi-octobre, mais cette date a été devancée par le gouvernement conservateur afin de réduire les coûts d'exploitation. Pour la même raison, les visites guidées cesseront le 2 septembre, les animateurs se faisant remplacer par des panneaux explicatifs.

À l'AFPC, la vice-présidente régionale pour le Québec, Magali Picard, estime que près de la moitié des employés de ces sites — historiens, chercheurs et biologistes, entre autres — perdront leur emploi. Elle affirme que 55 des 85 employés de la région de Québec ont reçu des lettres de licenciement.

Le NPD parle quant à lui de 324 postes touchés chez Parcs Canada au Québec, dont 52 à Montréal et 64 à Québec. Fait à noter, ces chiffres ne représentent pas seulement les pertes d'emplois, mais également les employés dont le nombre d'heures sera réduit.

De son côté, Parcs Canada a assuré qu'aucun parc ou lieu historique ne sera fermé de façon permantente. «Les services seront toujours offerts pendant la haute saison et les parcs nationaux, les canaux et les lieux historiques nationaux ne seront pas touchés sauf les lieux historiques nationaux qui adopteront des visites autonomes», a indiqué par courriel, une agente des relations avec les médias de Parcs Canada, Nathalie Fay.

Toutefois, l'organisme reconnaît qu'il «rajustera et réduira la durée de ses saisons et de ses heures d'activité dans les parcs nationaux, les canaux et les lieux historiques nationaux pour se concentrer sur les périodes pendant lesquelles les besoins sont plus élevés, les périodes de grande fréquentation et pour réduire les besoins pendant la saison morte».

La porte-parole adjointe du NPD en matière d’environnement, Anne Minh Thu Quach, s'inquiète notamment de l'impact négatif de la décision gouvernementale sur la culture et l'éducation.

Au dire de cette ancienne enseignante, les lieux historiques sont une «occasion en or» pour les jeunes d'apprendre leur histoire sur place et, donc, d'une manière beaucoup plus efficace à son avis.

«Encore une fois, le gouvernement tient un double discours», lance-t-elle.

«M. Harper se promène d'un site historique à un autre (dans le cadre de sa tournée du Nord canadien) et en même temps, il met la clé dans la porte de ces lieux-là. C'est vraiment un manque de respect envers les employés qui perdent leur emploi.»

La députée néo-démocrate s'indigne tout autant du fait que les employés touchés par les compressions sont «tenus au silence», pour reprendre son expression.

Elle fait ainsi référence à un courriel envoyé par Carole Loiselle le 22 mai dernier à ses employés. Mme Loiselle est la directrice de l'Unité de gestion de l'ouest du Québec (UGOQ), qui est responsable de 17 lieux historiques dans la province.

Le document électronique, dont le titre est «Obligation de loyauté et liberté d'expression», rappelle les obligations des employés de Parcs Canada «en ce qui concerne l’expression de nos opinions en public soit par les médias (les médias sociaux), d’assemblées ou d’autres forums (sic), notamment au sujet des mesures de rationalisation annoncées dans le dernier budget fédéral».

«L’obligation de loyauté», y explique-t-on, «englobe l’obligation de ne pas critiquer publiquement le gouvernement du Canada».

«Un manquement à l’obligation de loyauté peut éventuellement conduire à des mesures disciplinaires», lit-on plus loin dans le courriel, où on précise cependant que «l'obligation de loyauté n’est pas une valeur absolue, et (que) les critiques ouvertes peuvent être admissibles dans certaines circonstances exceptionnelles».

«Si un journaliste vous demande de commenter une question liée au budget, proposez-lui de soumettre la question à votre gestionnaire des relations externes», y suggère-t-on enfin.

Selon Mme Quach, ce courriel a alimenté certaines craintes chez les employés de Parcs Canada.

«Ils ont peur de ne pas retrouver d'emploi dans la fonction publique s'ils s'expriment en public à ce sujet, lance-t-elle. Il y en a seulement quelques-uns qui sont passés à mon bureau.»

Mme Fay a balayé les craintes possible en disant que la lettre en question avait été modifiée et envoyée après consultation avec l'Alliance de la fonction publique du Canada.

Parcs Canada est un organisme fédéral qui gère des parcs, des aires maritimes et des sites historiques protégés par l'État.

L'organisme a adopté une série de mesures d'austérité après le dévoilement du budget fédéral en mars dernier.

Le NPD soutient que les sites historiques nationaux de la Bataille-de-la-Châteauguay, de Coteau-du-Lac, du Commerce-de-la-Fourrure-à-Lachine, de Louis S. St-Laurent et des Forges-du-Saint-Maurice seront fermés à compter du 2 septembre prochain.

Le parti affirme avoir formulé de nombreuses demandes au gouvernement afin d'obtenir la liste complète des sites concernés, sans toutefois obtenir de réponse.

PLUS:pc