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Le Guide iranien appelle à une "économie de résistance" aux sanctions

23/08/2012 08:19 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé jeudi à la mise en place d'une "économie de résistance" permettant à l'Iran de faire face aux sanctions internationales qui pèsent de plus en plus lourdement sur le pays.

"Les puissances arrogantes (ndlr: les Occidentaux) utilisent tout leur poids pour faire reculer l'Iran (...) et tout le potentiel du pays doit être mis en oeuvre pour dissiper leurs illusions", a estimé l'ayatollah Khamenei dans une allusion à l'embargo financier et pétrolier occidental visant à obliger Téhéran à infléchir son programme nucléaire controversé.

"Une économie de résistance permettant de réduire la vulnérabilité du pays face aux complots de l'ennemi (...) est le seul moyen de nous permettre de poursuivre sur la route du progrès", a ajouté le numéro un iranien lors d'une rencontre avec le gouvernement.

L'ayatollah Khamenei n'a pas expressément mentionné les sanctions ni la question nucléaire, mais ce commentaire intervient alors que plusieurs dirigeants iraniens ont reconnu ces dernières semaines, après l'avoir longtemps minimisé, l'impact de l'embargo occidental sur l'économie du pays.

Les sévères sanctions bancaires imposées à l'Iran depuis 2010 ont ralenti l'activité industrielle, réduit les investissements étrangers, provoqué une inflation de plus de 20%, accru le chômage et entraîné une pénurie de devises.

La situation s'est aggravée ces dernières semaines avec un embargo pétrolier qui a provoqué depuis le début de l'année une chute de 50% des exportations de brut dont l'Iran tire l'essentiel de ses ressources en devises, et un fort recul de la production tombée au plus bas depuis vingt ans.

Le chef du Conseil des Gardiens (conseil constitutionnel) l'ayatollah Ahmad Jannati a estimé début août que l'Iran était la cible d'une "guerre" économique responsable des "graves problèmes" du pays, mais ne devait "pas céder" et s'adapter pour résister aux pressions.

Le président Ahmadinejad a reconnu de son côté fin juillet l'impact de l'embargo pétrolier en estimant que l'Iran devait réduire sa dépendance par rapport aux exportations de brut.

Les dirigeants iraniens ont néanmoins toujours exclu jusqu'à présent de céder aux pressions et de renoncer à leur ambitieux programme nucléaire qui inquiète la communauté internationale.

fpn-lma/feb

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