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L'armée syrienne tente toujours d'éliminer les rebelles de Damas

23/08/2012 01:45 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne, qui avait proclamé début août contrôler l'ensemble de la capitale, tente toujours d'en chasser les rebelles, attaquant et bombardant jeudi des secteurs du sud-ouest à cheval sur Damas et sa banlieue.

Les combats et les bombardements se sont concentrés jeudi sur un arc entre Hajar el-Aswad, un quartier du sud-ouest de Damas, et Daraya, dans la banlieue sud, selon les militants et les organisations des droits de l'Homme.

"Il y a d'importants combats dans plusieurs secteurs de Damas et de sa banlieue", a expliqué à l'AFP par Skype, Samara, une militante anti-régime résidant à Damas.

Dans "certaines parties de Damas (...), l'armée (est) déployée à l'extérieur mais incapable de pénétrer à l'intérieur", dit-elle.

Dans d'autres secteurs, l'armée a exécuté sommairement des combattants rebelles, des journalistes-citoyens anti-régime et des militants des droits de l'Homme et même leurs familles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Les forces du régime mènent des exécutions sommaires, détruisent les maisons des opposants dans le but de mater la révolte une bonne fois pour toutes", explique le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

La localité de Daraya, située 7 km au sud de Damas, est sous les bombes depuis deux jours, assure Abou Kinan, un militant anti-régime. "La situation est tragique (...) ils bombardent sans arrêt. La mort est partout", dit-il.

"Cependant, les tentatives de l'armée sont vouées à l'échec car les soldats ne peuvent entrer dans les quartiers où se cache l'Armée syrienne libre" (ALS, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes), assure Omar, un militant du quartier Qaboun, dans l'est de la capitale.

Mais, regrette Omar, les bombardements affectent surtout les civils, pas les combattants. Les rebelles, assure-t-il, jouent au chat et à la souris avec l'armée et l'affrontent quand les soldats tentent d'entrer dans leurs bastions.

Une source de sécurité à Damas a indiqué à l'AFP que l'armée avait lancé cette nouvelle offensive après l'attaque à la mi-août contre l'aéroport militaire de Mazzé, dans l'ouest de Damas.

"Je suis certain que l'attaque n'a pas été conduite par des Syriens, mais par des combattants étrangers. Aucun syrien sensé ne se serait lancé dans l'assaut de cette forteresse avec des kalachnikovs et des lance-roquettes", explique cette source.

Le régime de Bachar al-Assad assimile la rébellion à "des groupes terroristes armés", épaulés par l'étranger.

La localité de Rankous, à 30 km au nord de Damas, a été également la cible de tirs d'artillerie.

Selon un commandant rebelle qui se fait appeler Selim, les violents combats dans la capitale s'expliquent par le fait que l'armée a perdu beaucoup de terrain à Alep, la grande métropole du Nord.

"L'armée concentre ses actions dans les quartiers sud de la capitale et elle tente de couper les communications entre la ville et les localités voisines", a-t-il dit.

Selon des sources rebelles, "près de 80% des routes reliant Damas à l'extérieur ont été fermées".

Selon le commandant Selim, joint par Skype par l'AFP, les rebelles à Damas comptent sur des informateurs au sein de l'armée régulière. "Nous avons des collaborateurs dans les rangs des forces du régime (...) Ils nous transmettent des informations sur les mouvements" de l'armée.

Le 4 août, à l'issue d'une offensive d'envergure, l'armée avait annoncé avoir repris aux mains des rebelles de nombreux quartiers et affirmé contrôler l'ensemble de la capitale.

ser-sk/vl

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