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L'armée syrienne a repris les quartiers chrétiens du vieux Alep (habitants)

23/08/2012 08:23 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

La bataille a été terrible mais l'armée syrienne a repris les quartiers chrétiens du centre historique d'Alep qui étaient jeudi déserts, alors que des déflagrations sont entendues par intermittence, selon des habitants.

"Nous avons vécu les deux pires journées de notre vie, nous ne pensions pas que cela pouvait se produire", a raconté Sonia, épouse d'un riche commerçant de la métropole du nord de la Syrie, jointe au téléphone par l'AFP.

"Si notre maison n'était pas construite comme une forteresse, nous serions morts. La façade est pleine d'impacts. Nous ne pouvions pas fermer l'oeil de la nuit", explique cette femme, qui habite Telal, un des trois quartiers chrétiens avec Jdeidé et Sleimaniyé, d'où les rebelles ont été chassés mercredi.

Ces derniers s'étaient emparés durant le week-end d'une partie des quartiers chrétiens de la vielle ville d'Alep, très fréquentés avant la guerre par les touristes en raison des restaurants et des magasins d'artisanat.

Une large partie des quartiers musulmans d'Alep soutient la rébellion mais il en va autrement dans les secteurs chrétiens. Une grande partie du clergé chrétien, disant craindre que les islamistes ne s'emparent du pouvoir, a affiché son soutien au président Bachar al-Assad, confronté depuis plus de 17 mois à une révolte qui s'est militarisée face à la répression de son régime.

Cette position en faveur du régime a été critiquée par une minorité de chrétiens qui craint de voir cette communauté payer le prix fort si le régime tombe.

La place Farhat, avec la statue d'un ancien évêque face à la cathédrale maronite, à l'intersection de ruelles, portent les stigmates des combats sans merci que se sont livrés les belligérants.

C'est sur cette place que se trouvent les plus anciens monastères et églises d'Alep, notamment la cathédrale melkite, d'où l'évêque, critiqué pour ses positions favorables au régime, s'est enfui en toute hâte pour ne pas tomber aux mains des rebelles, a raconté à l'AFP un autre habitant.

"Les combats de lundi et mardi ont été très violents et ont duré de très longues heures avant que l'armée ne parvienne à déloger les rebelles, procédant à l'arrestation de quelques dizaines d'entre eux", selon ce témoin qui n'a pas voulu donner son nom.

"Il était essentiel pour l'armée de reprendre ces quartiers, car beaucoup de maisons ont des tunnels conduisant à la citadelle toute proche", confie-t-il.

"Après le nettoyage de cette zone, au coeur des quartiers résidentiels du centre-ville, des centaines d'Aleppins de ces quartiers sont descendus dans la rue Telal jusqu'au quartier de Sleimaniyé pour exprimer leur joie et leur soutien à l'armée", a-t-il dit.

L'agence officielle syrienne Sana a indiqué que la défense civile et "les entreprises publiques ont été dépêchées immédiatement pour faire les réparations nécessaires et ramener ces quartiers à la vie normale après les avoir nettoyés des terroristes".

Selon un habitant et une source de sécurité, après que les rebelles eurent été délogés, les habitants ont constitué des "comités populaires" pour les empêcher de revenir.

"Ce n'est pas très organisé mais il y a des jeunes notamment dans les quartiers arméniens qui protégent les lieux de peur de nouvelles incursions, parfois avec des armes et qui peuvent appeler à tout moment l'armée pour qu'elle intervienne", a déclaré un autre témoin.

Ailleurs dans la ville ravagée par plus d'un mois de combats acharnés, les combats se poursuivaient entre rebelles et soldats dans plusieurs quartiers soumis également à des bombardements de l'armée, selon des militants.

Selon le chercheur Fabrice Balanche, Alep compte 2,7 millions d'habitants dont 85% sont sunnites et 10% sont chrétiens. La moitié d'entre eux sont des Arméniens. Le reste sont des Syriaques également et de Grecs Catholiques. Il y a des maronites aussi.

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