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L'armée bombarde violemment des secteurs d'Alep et de Damas

23/08/2012 04:15 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne a violemment bombardé jeudi de nombreux quartiers d'Alep ravagée par plus d'un mois de combats acharnés et des secteurs de Damas, les Occidentaux cherchant à renforcer leur aide à la rébellion pour faire chuter le régime de Bachar al-Assad.

Au Liban voisin, divisé entre adversaires et partisans du régime Assad après 30 ans d'hégémonie syrienne, les combats entre clans rivaux se poursuivaient à Tripoli après avoir fait dix morts et près de 100 blessés en quatre jours. La communauté internationale a dit craindre un débordement du conflit syrien.

Plus d'un mois après le début de la bataille cruciale pour le contrôle d'Alep, la grande métropole du Nord, les rebelles continuent d'opposer une résistance farouche à l'armée qui a lancé le 8 août une offensive aérienne et terrestre.

Jeudi matin, les quartiers de Sakhour, Tarik Al-Bab, Boustane al-Qasr et Al-Chaar ont été pilonnés à l'artillerie lourde, selon des militants. A Tarik Al-Bab, un obus tombait toutes les cinq minutes, alors qu'un avion de chasse a aussi bombardé le quartier de Sakhour.

Des combats avaient également lieu à Salaheddine, principal bastion rebelle, de même qu'à Seif al-Dawla, Souleimane al-Halabi et Hamdaniyé, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon cette ONG, des accrochages ont eu lieu entre rebelles et soldats à proximité de l'aéroport militaire Menagh, utilisé par l'armée selon les rebelles pour son offensive sur la ville proche d'Alep.

Armée et rébellion avaient toutes deux affirmé avoir gagné du terrain à Alep. Un responsable de la sécurité y avait prédit "une longue guerre".

A Damas, des combats avaient lieu dans le quartier de Hajar al-Assouad également soumis à des bombardements de l'armée. Des rebelles ont lancé une attaque contre un barrage tenu par les militaires sur la route Deraa-Damas faisant "au moins dix morts ou blessés", selon l'ONG.

Daraya, près de Damas, a été aussi pilonnée par les forces régulières.

La veille, l'armée avait lancé une offensive d'envergure dans l'ouest de Damas et sa banlieue faisant des dizaines de morts, alors que les autorités avaient affirmé il y a quelques semaines avoir repris le contrôle de toute la capitale.

Au total mercredi, 162 personnes ont péri --102 civils dont 41 à Damas, 24 rebelles et 36 soldats--, selon l'OSDH.

Depuis le début en mars 2011 de la contestation qui a depuis pris une tournure violente face à la répression menée par le régime, plus de 23.000 personnes ont péri selon l'OSDH.

Amnesty International a affirmé que les civils faisaient face à une "terrible violence" à Alep, accusant le régime de viser de façon indiscriminée les quartiers résidentiels sous contrôle rebelle et non des objectifs militaires ciblés.

"Le recours à des armes manquant de précision, comme les bombes non guidées, les tirs à l'artillerie et au mortier par les forces gouvernementales ont fortement augmenté le danger pour les civils", a déclaré Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty International de retour d'Alep.

"Un grand nombre de civils non impliqués dans les hostilités, parmi lesquels beaucoup d'enfants, ont été tués ou blessés", selon elle. Certains ont péri dans les endroits où ils s'étaient réfugiés ou en faisant la queue pour acheter du pain.

L'ONG souligne par ailleurs une forte hausse des exécutions sommaires et extrajudiciaires de civils de la part du régime.

"Il est honteux que la communauté internationale demeure divisée sur la Syrie, au mépris des preuves sur l'ampleur et la gravité des violations des droits de l'Homme, alors que les civils payent le prix", affirme Amnesty.

Les divisions entre le camp russo-irano-chinois qui soutient le régime Assad et celui des Occidentaux et de nombreux pays arabes qui veulent sa chute, empêchent un règlement du conflit et même selon l'ONU une meilleure aide humanitaire aux réfugiés.

Lors d'un entretien téléphonique mercredi soir, le Premier ministre britannique David Cameron et le président américain Barack Obama ont souligné que "l'utilisation, ou la menace d'utilisation d'armes chimiques" par le régime les obligeraient "à revoir leur approche", après que M. Obama a menacé d'une intervention militaire si ces armes étaient utilisées.

M. Cameron a aussi parlé avec M. Obama et le président français François Hollande de la meilleure façon de prolonger le soutien à l'opposition et ils ont jugé nécessaire de travailler "plus étroitement" pour "déterminer comment soutenir l'opposition et aider un possible gouvernement après l'inévitable chute d'Assad", selon Downing Street.

Ils ont exprimé leur vive inquiétude face à "la terrible aggravation" de la situation humanitaire en Syrie, où plus de deux millions de personnes ont besoin d'aide selon l'ONU. Le conflit a poussé en outre à la fuite des centaines de milliers de Syriens notamment dans les pays voisins.

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