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L'armée a repris les quartiers chrétiens d'Alep, combats près de Damas

23/08/2012 08:24 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne a repris jeudi aux rebelles les quartiers chrétiens du centre-ville d'Alep après deux jours d'une dure bataille, mais les combats faisaient rage ailleurs dans la métropole du Nord ainsi qu'à Damas et dans sa proche banlieue.

Amnesty International a affirmé que les civils faisaient face à une "terrible violence" à Alep, dont le contrôle est crucial pour les belligérants, accusant le régime de viser de façon indiscriminée les quartiers résidentiels sous contrôle rebelle et non des objectifs militaires ciblés.

Les insurgés, qui s'étaient emparés de certains quartiers chrétiens d'Alep, ont été chassés de Telal, Jdeidé et Sleimaniyé, très fréquentés avant le début du conflit en mars 2011 par les touristes, a raconté un habitant joint par téléphone par l'AFP qui a refusé d'être identifié.

Une grande partie du clergé chrétien, disant craindre que les islamistes ne s'emparent du pouvoir, affiche depuis le début de la révolte son soutien à Bachar al-Assad.

"Les combats de lundi et mardi ont été très violents et ont duré de longues heures avant que l'armée ne parvienne à déloger les rebelles, en arrêtant des dizaines", a ajouté cet habitant.

"Des centaines d'Alépins des quartiers nettoyés sont descendus dans la rue à Telal jusqu'au quartier de Sleimaniyé pour exprimer leur joie et leur soutien à l'armée", selon lui.

Mais ailleurs dans Alep, les quartiers de Sakhour, Tariq Al-Bab, Boustane al-Kasr et Chaar ont été pilonnés à l'artillerie lourde, selon des militants. Des combats ont également lieu à Salaheddine, principal bastion rebelle, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A 7 km au sud de Damas, de violents combats opposaient soldats et rebelles près de Daraya où une mère et ses quatre enfants ont été tués, selon l'OSDH.

La ville est en outre soumise à un violent bombardement aux obus des chars déployés aux alentours de la ville, a précisé l'OSDH.

Des affrontements avaient également lieu dans le quartier de Hajar al-Aswad, dans le sud de Damas, soumis à des bombardements de l'armée.

"Les soldats et les membres de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) jouent au chat et à la souris. L'armée du régime encercle le quartier et les combattants de l'ASL sont cachés, mais dès que les premiers avancent, les seconds sortent de leurs cachettes et ripostent", a expliqué le militant Omar al-Qabouni, membre des Comités locaux de coordination (LCC).

Dans l'est du pays, des avions de l'armée syrienne ont pénétré dans l'espace aérien irakien pour bombarder la ville-frontière syrienne de Boukamal tenue par les rebelles, selon des responsables irakiens.

Comme chaque semaine, l'opposition a appelé à des manifestations contre le régime vendredi et adopté comme mot d'ordre "Ne sois pas triste Deraa. Dieu est avec nous", en référence à une province rebelle du Sud, théâtre d'une grande offensive ces derniers jours selon l'OSDH.

Selon un bilan provisoire de l'OSDH, 72 personnes ont péri jeudi à travers la Syrie (44 civils, 22 soldats et six rebelles). Dix-neuf cadavres ont par ailleurs été découverts près et dans Damas.

Depuis le début de la contestation qui a pris une tournure violente face à la répression menée par le régime, 24.495 personnes ont péri, dont 17.281 civils, 6.163 soldats et 1.051 déserteurs, selon le dernier bilan fourni par l'OSDH.

"Un grand nombre de civils non impliqués dans les hostilités, parmi lesquels beaucoup d'enfants, ont été tués ou blessés", a déclaré Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty International de retour d'Alep.

"Il est honteux que la communauté internationale demeure divisée sur la Syrie, au mépris des preuves sur l'ampleur et la gravité des violations des droits de l'Homme", estime Amnesty.

Les divisions entre le camp russo-irano-chinois qui soutient le régime Assad et celui des Occidentaux et de pays arabes qui veulent sa chute, empêchent un règlement du conflit.

Lors d'un entretien téléphonique mercredi soir, le Premier ministre britannique David Cameron et le président américain Barack Obama ont souligné que "l'utilisation, ou la menace d'utilisation d'armes chimiques" par le régime les obligeraient "à revoir leur approche", après que M. Obama eut menacé d'une intervention militaire si ces armes étaient utilisées.

M. Cameron a aussi parlé avec M. Obama et le président français François Hollande de la nécessité de travailler "plus étroitement" pour "déterminer comment soutenir l'opposition et aider un possible gouvernement après l'inévitable chute d'Assad".

La France a évoqué par ailleurs la possible instauration d'une zone d'exclusion aérienne, mais seulement sur une certaine partie du territoire, jugeant que cette hypothèse méritait "d'être étudiée".

A Damas, le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Meqdad a affirmé que la Syrie coopérerait avec le nouvel émissaire international Lakhdar Brahimi afin de mettre en place "un dialogue national" au "plus vite".

Voyant dans "l'ingérence étrangère" la "principale" cause de la crise, il a exhorté M. Brahimi à "jouer un rôle actif" face aux "parties qui ne veulent pas d'une résolution de la crise et en particulier celles qui arment et financent les terroristes", terme utilisé par le régime pour désigner les rebelles.

Il a notamment accusé la Turquie voisine de "donner à ces terroristes, y compris Al-Qaïda, un accès libre vers la Syrie".

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