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La stratégie référendaire du PQ est revenue hanter Pauline Marois

23/08/2012 12:03 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Au risque de s'aliéner les souverainistes les plus pressés, la chef péquiste Pauline Marois a dû préciser, jeudi, qu'elle serait prête à opposer son veto à la tenue d'un troisième référendum sur la souveraineté, même si une forte partie de la population fait pression sur elle en ce sens.

En ce 23e jour de campagne, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, et le chef libéral, Jean Charest, pavoisaient, en ayant réussi à forcer leur rivale à s'expliquer sur un sujet délicat et controversé.

Pressée de questions sur ses déclarations de la veille lors du débat des chefs qui l'opposait à François Legault, Mme Marois a affirmé que la décision finale de tenir ou non un référendum reviendrait à l'Assemblée nationale, et ne serait donc pas nécessairement dictée par un référendum d'initiative populaire qui aurait recueilli 850 000 signatures dans toutes les régions du Québec, ou 15 pour cent des électeurs, comme le prévoit le programme de son parti.

En clair, un référendum d'initiative populaire ne serait pas exécutoire. Le gouvernement garderait sa prérogative d'aller de l'avant ou pas.

Mme Marois avait pourtant déclaré, en février dernier, qu'un référendum d'initiative populaire en faveur d'une nouvelle consultation sur la souveraineté «obligerait le gouvernement à agir dans le sens de la recommandation qui est faite».

«C'est l'Assemblée nationale qui a toujours le dernier mot et ce sera à l'Assemblée nationale de décider de la tenue ou non du référendum, de son moment. Il peut y avoir des situations où l'intérêt national est en cause», a-t-elle indiqué jeudi, corrigeant le tir.

Subordonner l'assemblée des élus aux consultations d'initiative populaire serait contraire à la Constitution, a ajouté la chef péquiste, alors qu'elle s'engageait à verser 88 millions $ pour mieux soutenir le milieu culturel et l'enseignement de l'histoire, si elle est élue.

Vendredi, à Québec, la chef péquiste tentera de tourner la page en présentant le cadre financier de l'ensemble de ses engagements électoraux. Ses adversaires lui reprochent depuis des jours de ne pas l'avoir rendu public plus tôt.

Chez ses adversaires, le chef de la CAQ a lancé la première salve contre Mme Marois, en indiquant que tous les Québécois seraient perdants s'il y avait un troisième référendum. Car si le non l'emportait encore, tant les souverainistes que les fédéralistes désireux d'obtenir un rapport de force avec Ottawa en paieraient le prix, selon François Legault.

À ses yeux, la tenue de référendums d'initiative populaire plongerait le Québec dans le chaos.

Pendant ce temps, à Dorval, Jean Charest s'est montré tout sourire, allant même jusqu'à dire à la blague qu'il avait remporté le dernier débat télévisé, mercredi, entre la CAQ et le PQ.

«J'estime avoir fait un très bon débat hier soir», a-t-il laissé tomber, avec son humour habituel.

M. Charest a estimé que l'exercice opposant Mme Marois à M. Legault s'est résumé à l'expression de leur désaccord sur la stratégie référendaire souverainiste.

«La discussion d'hier, c'était entre deux souverainistes qui ne s'entendent pas sur la stratégie référendaire, c'est juste ça», selon lui.

La question constitutionnelle n'a pas épargné le chef libéral, qui a dû reconnaître l'absence de progrès dans le dossier, malgré une presque décennie de pouvoir. Le fruit n'est toujours pas «mûr» pour entamer des discussions sur l'adhésion du Québec à la Constitution canadienne, a-t-il dit.

D'ailleurs, M. Charest a affirmé qu'il n'entrevoyait aucune ouverture de ce côté, au cours d'un éventuel quatrième mandat d'un gouvernement libéral.

«Un jour, nous arriverons à ce débat-là, a-t-il dit. Est-ce que c'est demain? Non. Est-ce que ça fait partie des choses que nous voyons à l'horizon à court terme? Non. Mais un jour, on y arrivera, parce que c'est une chose qui doit être corrigée.»

M. Charest a soutenu que sa priorité à court terme, dans ses relations avec Ottawa, était plutôt de discuter des transferts fédéraux aux provinces.

Du côté de Québec solidaire, on préférait parler d'intégration et de francisation des immigrants. Le parti propose de hausser le soutien financier aux organismes communautaires qui oeuvrent à l'accueil et à l'intégration des immigrants.

Les milieux de travail, principaux vecteurs de l'intégration, seraient également ciblés pour faciliter l'ancrage des nouveaux arrivants au Québec.

Pendant ce temps, les commissions scolaires anglophones ont dit craindre les bouleversements que proposent à leurs yeux la Coalition avenir Québec et le Parti québécois, mais sans aller jusqu'à suggérer aux parents de voter pour le Parti libéral.

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