JEUX PARALYMPIQUES - Les Jeux paralympiques s'ouvrent ce mercredi 29 août en fanfare. En effet, après le beau succès des Jeux Olympiques début août, les épreuves pour athlètes handicapés vont se dérouler à guichets fermés dans les enceintes sportives londoniennes. Devant près de 2,5 millions de personnes. Une première.

Au tableau des médailles, on devrait retrouver la Grande-Bretagne -qui évolue à domicile- assez haut dans le classement, elle qui a fini deuxième des trois dernières éditions. Parmi les autres grandes nations favorites, on retrouve l'Australie, l'Afrique du Sud, le Canada, la Russie où le Brésil, qui accueillera les Jeux de 2016.

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Si l'on guettera aussi avec attention les performances françaises à Londres (52 médailles à Pékin, dont 12 en or), le public n'aura d'yeux que pour Oscar Pistorius, véritable star de l'athlétisme paralympique, qui représente l'Afrique du Sud.

Pistorius, la star qui fait des jaloux

Triple médaillé d'or il y a quatre ans en Chine (100, 200 et 400 m), il devrait logiquement réitérer cette performance cette année. Surtout qu'il a déjà "brillé" chez les "valides" aux JO en réussissant la performance de se qualifier pour la demi-finale du 400 m.

C'est là que réside tout le paradoxe. Si le coureur a su s'attirer le respect des autres athlètes lors de ses compétions avec les valides, la pilule a parfois du mal à passer auprès des sportifs handicapés, qui n'hésitent pas à le critiquer. Leur argument principal? Pistorius est "dopé mécaniquement" avec ses deux lames en acier ultra-performantes.

Car contrairement au Sud-Africain, la majorité des athlètes, amputés seulement d'un membre inférieur, fatiguent ainsi plus rapidement sur leur jambe valide, leur course étant asymétrique. "J'aurais préféré moi aussi avoir deux lames, c'est pour cela qu'il est très fort", lance ainsi le Français Jean-Batiste Alaize (photo ci-dessous), qui participe à Londres aux épreuves du 100, 200 et 4x100 m.

alaize

Si Oscar Pistorius reste un cas très isolé et exceptionnel dans le monde du sport paralympique et olympique -où il vise la performance avant tout-, à côté de ça, il existe aussi des belles histoires autour d'athlètes qui ont eux aussi connu un jour la simple joie de pouvoir concourir dans des compétitions d'athlètes valides. Ce qui, souvent pour eux, reste avant tout la plus belle des victoires.

» Découvrez en photos les destins de ces sportifs, qui ont concouru dans des compétitions de sportifs valides, et qui participent cette année ou ont participé avant aux épreuves paralympiques:

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  • Oscar Pistorius, athlétisme (Afrique du Sud)

    On ne le présente plus. Celui qui a déjà participé aux JO il y a un mois et atteint les demi-finales du 400 m, défendra aux paralympiques ses trois titres acquis à Pékin sur 100, 200 et 400 m. Mais LA star des non-valides fait polémique auprès des autres athlètes handicapés. <a href="http://www.rfi.fr/sports/20120823-paralympiques-2012-oscar-pistorius-homme-fait-debat" target="_hplink">On l'accuse d'être "dopé mécaniquement"</a>, avec ses lames ultra-performantes. Les athlètes ayant seulement une jambe amputée déplorent ainsi de ne pouvoir lutter face à lui, Pistorius n'ayant pas de problème de symétrie.

  • Natalia Partyka, tennis de table (Pologne)

    Née sans avant-bras droit, elle participe aussi bien aux compétitions pour valides que pour handicapés. Aux JO de 2008 à Pékin, elle se classe 9e du tournoi de double. A Londres, elle est l'une des seules sportives à participer à la fois aux JO et aux Paralympiques.

  • Sarah Storey, cyclisme sur piste (Grande-Bretagne)

    La cycliste a déjà participé à une compétition de valides. C'était aux Jeux du Commonwealth, en 2010. Un an plus tard, elle fait aussi partie de la sélection britannique pour la Coupe du monde en Colombie. Malgré tous ses efforts, elle doit quitter l'équipe de poursuite avant la finale, son niveau n'étant pas jugé assez bon. Ses coéquipières remporteront ensuite la médaille d'or...

  • Philippe Horner, tir à l'arc (Suisse)

    Cet archer a déjà décroché de très bons résultats avec les valides. Il s'est ainsi classé huitième des championnats d'Europe 2010 chez les valides et vise à Londres une médaille, lui qui a décroché le bronze à Pékin il y a quatre ans. Autre particularité le concernant: il a été le premier archer en chaise roulante à dépasser les 700 points.

  • Danielle Brown (2e, à gauche), tir à l'arc (Grande-Bretagne)

    Aux Jeux du Commonwealth 2010, elle décroche une médaille d'or par équipe. Forte de plusieurs autres succès chez les valides, elle devrait décrocher une ou des médailles à Londres.

  • Arnaud Assoumani, saut en longueur (France)

    Sans doute l'un des meilleurs athlètes de la délégation tricolore à Londres. Arnaud Assoumani détient le record du monde paralympique de sa discipline en extérieur avec un saut à 7,23 m et celui en indoor avec 7,80 m. Cette dernière performance lui aurait permis de figurer dans le top 20 des JO de Londres... mais la Fédération française exige au moins 8,20 m pour se qualifier.

  • Natalie du Toit, natation (Australie)

    Malgré une jambe amputée après un accident de la route en 2001, la nageuse réussit à se qualifier pour les JO de Pékin en 2008, où elle participe à l'épreuve de nage en eau libre. Aux Paralympiques, elle cartonne forcément: 10 médailles d'or réparties entre 2004 et 2008.

  • Marla Runyan, athlétisme (États-Unis)

    Première athlète aveugle à être alignée aux JO, à Sydney en 2000. Bien plus qu'une simple participation, Marla Runyan s'était qualifiée pour la finale du 1500 m en athlétisme et avait même terminé 8e de la course. Deux ans plus tard, au marathon de New York, elle finira première Américaine.