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Les commissions scolaires anglophones neutres mais inquiètes (PHOTOS)

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Des organismes communautaires craignent que la rentrée soit difficile pour certains jeunes à Québec.(Radio-Canada.ca)
Des organismes communautaires craignent que la rentrée soit difficile pour certains jeunes à Québec.(Radio-Canada.ca)

L'Association des commissions scolaires anglophones du Québec ne lance pas un appel au vote en faveur du Parti libéral, mais elle admet être préoccupée par les engagements de ses principaux opposants. L'Association réclame des précisions sur certaines promesses qui auraient un impact important sur les neuf commissions qu'elle regroupe.

Au cours d'un point de presse donné jeudi, le président de l'Association, David D'Aoust, a évoqué l'abolition des commissions scolaires mise de l'avant par la Coalition avenir Québec (CAQ). M. Daoust veut notament savoir comment les conseils régionaux non élus que propose la CAQ viendraient les remplacer.

L'association s'inquiète également des effets qu'aurait l'extension de la Charte de la langue française aux cégeps, aux écoles de formations professionnelles et aux écoles de formation des adultes, promise par le Parti québécois (PQ). Les commissions scolaires anglophones pourraient ainsi perdre jusqu'à la moitié des 10 000 élèves inscrits aux cours pour adultes, estime M. D'Aoust.

Malgré ses inquiétudes, M. D'Aoust affirme néanmoins que l'association n'a pas le mandat de dire aux électeurs « comment voter ».

« Je peux seulement dire qu'à ce stade-ci, les libéraux disent qu'ils maintiendront les écoles et les commissions scolaires [anglophones] et que la plateforme du parti est un peu plus précise que celle des péquistes et de la CAQ. Mais ce sera à chaque électeur de décider par lui-même pour qui il votera », a-t-il déclaré au réseau CBC.

Le PLQ n'est pas en reste

Les craintes envers les engagements de la CAQ et du PQ ne signifient pas pour autant que le programme et le bilan du Parti libéral enthousiasment les commissions scolaires anglophones.

L'association reproche au gouvernement de Jean Charest d'avoir retranché 150 millions de dollars du système public d'éducation dans son dernier budget, tout en « soutenant que cette insuffisance budgétaire n'aurait aucun impact sur les élèves ». « M. Charest, comment pouvez-vous dire que l'éducation est votre priorité? », a-t-il demandé.

« Les commissions scolaires ont subi des réductions budgétaires catastrophiques ces dix dernières années. » -- David D'Aoust.

Arguant que « l'éducation est le moteur de l'économie », David D'Aoust demande d'ailleurs à tous les chefs de parti un engagement ferme envers le financement de l'école publique. Il souligne en outre que, même si le premier ministre a appuyé le concept de commissions élues, il n'a pas encore fixé de date pour la tenue d'un scrutin.

M. D'Aoust a indiqué que l'Association avait déjà envoyé une liste de questions aux trois principaux partis le 20 juillet dernier, sans avoir encore obtenu de réponses, même si on a dépassé la mi-campagne et que les partis ont eu quatre débats pour soulever ces enjeux.

L'Association veut connaître les garanties qu'offrent les partis pour maintenir et renforcer le système des commissions scolaires universellement élues et savoir quand sera confirmée la date de l'élection.

Elle veut aussi également comment les partis assureraient aux commissions scolaires un financement public adéquat et respecteraient leur autonomie.

Enfin, l'Association veut savoir si le parti défendra l'importance et du système d'éducation de langue anglaise pour l'avenir de la province.

Les Québécois « n'ont pas obtenu les réponses claires qu'ils méritent [sur l'enjeu de l'éducation publique] afin de faire un choix », a soutenu M. D'Aoust, ajoutant que l'Association était « déçue et inquiète ».

M. D'Aoust espère que les réponses viendront avant le 4 septembre.

Une communauté à séduire

La CAQ tente ouvertement de séduire l'électorat anglophone, traditionnellement acquis aux libéraux, comme c'est le cas, par exemple dans la circonscription de D'Arcy-McGee. Selon les plus récents sondages, de nombreux anglophones accordent désormais leur appui à la CAQ.

La présence dans ses rangs de l'ancien directeur de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau - un fédéraliste - n'y serait pas étrangère, selon le journaliste de CBC Bernard St-Laurent.

Dès le début de la campagne, Jean Charest a mis en garde la communauté anglophone contre la sirène caquiste. Les électeurs qui demeureront à la maison le jour du scrutin ou qui voteront pour la CAQ appuieront un autre référendum sur l'indépendance du Québec, a-t-il martelé dans les médias anglophones.

Au cours des derniers jours, il a même affirmé que son chef, ancien ministre péquiste, pourrait lui-même organiser un référendum.

Cette semaine, le chef libéral a souligné que François Legault ne se disait pas « fédéraliste » mais plutôt « nationaliste ». Les anglophones, a-t-il prédit, « ne voteront pas pour démanteler leurs propres commissions scolaires; ils ne voteront certainement pas pour une personne qui est si peu fiable sur un enjeu comme celui de l'avenir du Québec ».

L'ex-chef du Parti égalité, Robert Libman, a encouragé les anglophones à délaisser le PLQ au profit de la CAQ. Celui qui avait réussi à faire élire quatre candidats en défendant les droits linguistiques des anglophones, en 1989, affirme qu'il est à nouveau temps pour cette minorité de repenser ses options électorales.

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