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Amnesty dénonce la "terrible violence" à l'encontre des civils à Alep

23/08/2012 02:51 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Amnesty International a affirmé jeudi que les civils faisaient face à une "terrible violence" dans la bataille d'Alep, accusant le régime syrien de viser de façon indiscriminée les quartiers résidentiels par des frappes aériennes et des bombardements à l'artillerie.

"Le recours à des armes manquant de précision, comme les bombes non guidées, les tirs à l'artillerie et au mortier par les forces gouvernementales ont fortement augmenté le danger pour les civils", a déclaré Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty International de retour d'Alep.

L'organisation de défense des droits de l'Homme indique dans un communiqué avoir enquêté sur une trentaine d'attaques "au cours desquelles un grand nombre de civils non impliqués dans les hostilités, parmi lesquels beaucoup d'enfants, ont été tués ou blessés".

Amnesty affirme que les bombardements visent de façon indiscriminée les quartiers sous contrôle rebelle, au lieu de cibler des objectifs militaires.

"Les civils subissent un niveau terrible de violence (...) ils font face à un barrage quotidien de l'artillerie et des frappes aériennes par les forces gouvernementales", a dit Mme Rovera, ajoutant que certains avaient trouvé la mort dans les endroits où ils s'étaient réfugiés après avoir fui leurs maisons.

Amnesty souligne que des civils ont été tués alors qu'ils faisaient la queue pour acheter du pain, comme Kifa Samra, une fillette de 13 ans, et son frère Zakaria, 11 ans, tués le 12 août ainsi que leur voisine, mère de onze enfants.

L'ONG souligne par ailleurs une forte hausse des exécutions sommaires et extrajudiciaires de civils non impliqués dans le conflit de la part du régime.

Selon l'organisation, "des corps, notamment de jeunes hommes, généralement menottés et tués d'une balle à la tête, ont régulièrement été retrouvés près du siège des services de renseignements de l'aviation contrôlé par les forces gouvernementales".

Elle a également fait état "d'exactions croissantes", dont des exécutions et des mauvais traitements de prisonniers, de la part des rebelles, dont l'Armée syrienne libre (ASL).

"Il est honteux que la communauté internationale demeure divisée sur la Syrie, au mépris des preuves sur l'ampleur et la gravité des violations des droits de l'Homme, alors que les civils payent le prix" du conflit, affirme le communiqué.

Plus de 23.000 personnes ont été tuées depuis le début en mars 2011 du soulèvement contre le président Bachar Al-Assad, selon une ONG syrienne.

jds-at/sbh

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