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Afrique du Sud: Zuma installe la commission d'enquête sur Marikana

23/08/2012 10:00 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

Le président sud-africain Jacob Zuma a installé jeudi la commission chargée d'enquêter sur la mort de 44 personnes, dont 34 abattues par la police le 16 août, à la mine de Marikana (nord) dont une partie des foreurs s'étaient mis en grève pour réclamer de meilleurs salaires.

La commission "a été mise sur pied pour étudier les questions d'intérêt public, national et international, soulevées par les événements de Marikana qui ont fait environ 44 morts, plus de 70 blessés et conduit à l'arrestation de plus de 250 personnes", a déclaré M. Zuma lors d'une allocution solennelle à Pretoria.

La police avait ouvert le feu jeudi 16 août contre des grévistes armés de machettes, barres de fer et pour certains d'armes à feu, faisant 34 morts et 78 blessés, tandis que 10 autres personnes --dont 2 policiers-- avaient été tués dans les jours précédents.

L'enquête doit déterminer les responsabilités de la compagnie minière Lonmin --qui exploite la mine de Marikana--, de la police sud-africaine, des syndicats rivaux AMCU et NUM, d'institutions gouvernementales au premier rang desquelles le ministère des Mines, et de toutes les autres personnes ayant pris part aux violences, a détaillé le président.

La commission, composée de trois magistrats, sera présidée par l'ancien juge Ian Farlam. Elle devra présenter ses conclusions dans les cinq mois, a précisé Jacob Zuma.

"Nous devons regarder comment, en travaillant avec les syndicats et le patronat, nous pouvons faire en sorte que les grèves dans ce secteur sur les conditions de travail (...) aient lieu dans les limites de la loi", avait déclaré M. Zuma mercredi soir, rappelant que la Constitution sud-africaine reconnaissait le droit de manifestation "de façon pacifique et sans armes".

"Nous avons vu trop de grèves violentes ces dernières années, ce qui est inutile car il y a assez d'instruments juridiques à la disposition des travailleurs et des employeurs pour résoudre leurs différends", avait-il ajouté, quelques heures après avoir appelé les mineurs de Marikana au calme.

Le président a aussi évoqué de possibles "sanctions" contres les compagnies minières qui ne respecteraient pas la directive sur l'amélioration des conditions de vie des mineurs, sanctions qui pourraient aller jusqu'à l'"annulation de leur permis d'exploitation".

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