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« J'ai le contrôle du calendrier référendaire », assure Pauline Marois

23/08/2012 11:07 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

Un texte de François Messier

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, assure qu'un registre recueillant la signature de 15 % des électeurs québécois préconisant un référendum d'initiative populaire ne lierait pas un éventuel gouvernement péquiste.

« C'est une consultation populaire, c'est donc un référendum consultatif et c'est l'Assemblée nationale qui a toujours le dernier mot. Et ce sera à l'Assemblée nationale de décider de la tenue ou non d'un référendum, de son moment », a-t-elle précisé au terme d'une annonce sur ses engagements en matière de culture.

La chef péquiste était pressée de questions sur le référendum d'initiative populaire dans la foulée du débat l'opposant au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, mercredi, sur les ondes de TVA.

Ce dernier était d'ailleurs revenu à la charge plus tôt mercredi, en insistant pour que Mme Marois précise sa pensée à ce sujet.

Pour Mme Marois, il s'agit d'une volte-face par rapport à la position qu'elle a défendue l'hiver dernier. Elle soutenait alors qu'un registre recueillant la signature de 15 % des électeurs rendrait un référendum d'initiative populaire exécutoire.

Mme Marois indique qu'un gouvernement péquiste modifierait la loi sur les consultations populaires afin de préciser les exigences déterminant la validité d'un référendum d'initiative populaire. Il faudrait notamment qu'un certain nombre de signatures soit recueilli dans toutes les régions du Québec,a-t-elle dit, mais sans préciser davantage.

La chef péquiste soutient par ailleurs qu'il n'y a aucune divergence d'opinion sur ce sujet entre elle et le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville.

Mme Marois n'a pas manqué de décocher une flèche à François Legault, qui l'accusait au débat de mercredi de laisser les caribous dicter la stratégie référendaire du PQ. « S'il y en a un qui était plus caribou que les autres, c'est lui! », a-t-elle rétorqué.

Elle est aussi brièvement revenue sur les précisions que son parti a apportées mercredi au sujet d'une éventuelle loi sur la citoyenneté. Elle admet avoir fait une « interprétation erronée » du projet de loi 195 que son parti a déposé à l'Assemblée nationale en 2007.

Legault muet sur sa position en cas de référendum

François Legault a été longuement interrogé lui aussi sur ce qu'il ferait en cas de référendum lors d'une conférence de presse organisée à Montréal. Le chef de la CAQ a refusé de dire dans quel camp il se rangerait advenant qu'un gouvernement péquiste tienne un référendum sur la souveraineté du Québec.

« C'est une question très hypothétique », a-t-il répondu à plusieurs reprises devant les questions insistantes des journalistes, qui voulaient savoir s'il se rangerait dans le camp du oui ou du non.

M. Legault a réitéré que la CAQ ne défendrait « ni l'unité canadienne, ni la souveraineté », puisque sa priorité consiste à « redresser le Québec ». Il a précisé au sujet de la question constitutionnelle qu'il faut « laisser les options ouvertes pour d'autres générations ».

Le chef de la CAQ a cependant admis qu'en cas de référendum, la règle du « 50 % + 1 » s'appliquerait. La loi sur la clarté référendaire adoptée par le gouvernement Chrétien dans la foulée du référendum de 1995 établit plutôt à 60 % le seuil nécessaire pour une victoire du camp souverainiste.

Au sujet des débats des derniers jours, François Legault a déclaré être « satisfait » de ses performances. Il s'est aussi dit « un peu soulagé » que ces exercices soient terminés, puisqu'ils créent « beaucoup de stress ».

Une querelle entre souverainistes, dit Charest

Le chef libéral Jean Charest a pour sa part raillé les affrontements entre Pauline Marois et François Legault, qu'il assimile à une querelle entre souverainistes.

« Mme Marois, s'il y a une chose sur laquelle on la croit, [c'est quand elle dit] : "Moi, si je pouvais faire un référendum demain matin, je le ferais demain matin" », a-t-il commenté lors d'une conférence de presse tenue à Dorval.

« M. Legault, hier, pendant le débat, lui reproche de prendre une stratégie pour perdre le référendum. Là c'est le souverainiste qui parle. Il ne parle pas d'ailleurs de le perdre aux intérêts du Québec. Perdre le référendum pour les souverainistes », a ajouté M. Charest.

Le chef libéral en a rajouté un peu plus tard sur la position de François Legault en cas de référendum « M. Legault plie bagage aussitôt qu'un référendum se présente? Son fauteuil à l'Assemblée nationale devient un fauteuil de spectateur VIP, comme s'il était assis dans un théâtre ou une arène? Moi je pense que le 4 septembre, on va vouloir autre chose que ça. ».

Pour me joindre :
francois.messier-nm@radio-canada.ca

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