Ils en sont à leur septième journée de tournage sur vingt-quatre, au coeur de la forêt, à une heure de Montréal. Les têtes d'affiche? Marc-André Grondin, Pierrette Robitaille et l'actrice française Romane Bohringer. Ensemble, ils ont choisi d'entrer, sans retenue, dans l'univers particulier de Denis Côté. «Vic et Flo ont vu un ours» prend donc doucement vie sous l'oeil attentif du père de «Curling».

«Je ne suis pas tellement capable de vous expliquer ce que ça raconte ou ce qui m'a plu dans ce film», explique Romane Bohringer qui en est à son deuxième tournage au Québec. «Ce n'est pas très rationnel, mais c'est un univers qui a du charme, qui est particulier et qui possède quelque chose d'assez mystérieux.»

Si elle ne connaissait pas Denis Côté avant de se joindre à ce projet, elle a vite saisi ce qu'il souhaitait mettre en scène. «Ce film, il est intriguant et captivant. C'est un film d'univers, d'ambiance mais il y a peut-être un peu plus de chair que dans "Curling"», dit-elle.

Pour l'actrice de «Quelque chose d'organique», «faire du cinéma, c'est avoir quelque chose à raconter, quelque chose à imposer dans l'univers et dire quelque chose de particulier». C'est ce qu'elle cherche à la lecture d'un scénario; comprendre la personne qu'il y a derrière.

Et comme derrière il y a Denis Côté, on peut s'attendre à tout de «Vic et Flo ont vu un ours». «Oui, c'est un peu une continuité de "Curling", mais c'est plus drôle et la finale insoupçonnée, un peu over-the-top», explique le cinéaste qui a réuni trois gros noms sur son plus gros plateau. «J'espère que ça donnera le goût aux gens de voir ce que ça va donner, le mélange des ces trois grands acteurs, les flammèches que ça va faire», dit-il.

Et puis il y a cette histoire de deux ex-détenues, recluses dans une cabane à sucre en forêt, qui réapprennent à vivre et à apprivoiser leur liberté sous l'oeil attentif de leur agent de libération conditionnelle.

On ne peut s'empêcher de demander au cinéaste: Acteurs connus signifie-t-il pour autant film pour grand public?«Je ne dis plus qu'un film doit trouver le public, je dis qu'un film doit trouver SON public», répond-t-il.

«J'ai 38 ans et je pense que je suis le gars qui fait ces films-là. On a beau avoir plus de budget, on a beau avoir des vedettes, c'est un film de Denis Côté», ajoute-t-il. «Avec tous les revers que j'ai pu subir au box-office et avec le grand public, et bien, assumons-le!»

De son propre aveu, à deux doigts de dire qu'il ne fait pas des films pour le Québec, Denis Côté semble pourtant serein. «Je ne cherche pas absolument à faire des films pour le Québec. Un moment donné tu fais ton deuil de ça. Si je passe ma vie à faire des festivals internationaux, à avoir des rétrospectives aux quatre coins du monde et à passer mon temps en avion, ce sera ça ma vie!»

«Je ne suis pas contre le mainstream, je ne suis juste pas capable. Je n'ai ni le désir, ni des envies de mainstream

La grande comique Pierrette Robitaille affirme quant à elle que nous découvrirons «un côté de la comédienne que vous connaissiez moins, une autre approche, un autre visage.» Car dans «Vic et Flo ont vu un ours», elle n'est pas comique du tout.

Pour préparer son rôle de prisonnière, elle est elle-même allée rencontrer une ex-détenue qui lui a parlé de sa réalité. «J'ai compris que je pourrais facilement être une de ces femmes, que ça peut être n'importe qui, tout à coup, fait une gaffe qu'elle devra payer toute sa vie. Le sort des femmes qui sortent de prison - et de la violence - on en entend rarement parler», déplore-t-elle.

Et puis le film de Denis Côté n'est pas l'histoire des femmes qui sortent de prison mais bien l'histoire de CES deux femmes qui sortent de prison. «Ce n'est pas stéréotypé, c'est très bien écrit et c'est servi comme dans la vraie vie», explique l'actrice qui a développé, avec Romane Bohringer, «une complicité formidable».

Affichant un tout nouveau look, la tête rasée, Marc-André Grondin personnifie l'agent de libération des deux femmes. «Il est très académique mais il s'attache tranquillement à ces deux femmes-là», explique-t-il.

La raison principale pour laquelle il a accepté ce rôle? «Je suis un peu vendu à Denis Côté. J'ai pratiquement dit oui avant même de lire le scénario. Quand on travaille avec Denis c'est parce qu'on a envie de jouer avec Denis, tout simplement.»

«Vic et Flo ont vu un ours» de Denis Coté prendra l'affiche au courant de l'année 2013.