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Troisième jour d'accrochages confessionnels au Liban: 8 morts, 84 blessés

22/08/2012 12:20 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Huit personnes ont été tuées et 84 blessées à Tripoli dans le nord du Liban lors de trois jours de combats confessionnels liés au conflit en Syrie voisine, ont indiqué mercredi des sources sécuritaire et hospitalière.

Dans l'après-midi un cessez-le-feu a été décrété après une réunion de notables de Tripoli, mais neuf personnes ont été blessées par des tirs sporadiques, lorsque des habitants ont tenté de rentrer chez eux, selon des sources sécuritaires.

Les accrochages à l'arme automatique et au lance-roquettes ont opposé depuis lundi des bandes issues de deux quartiers misérables séparés par une rue: Bab el-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime syrien, et Jabal Mohsen, alaouite et partisan du président Bachar al-Assad.

Ce dernier est de confession alaouite, une branche du chiisme minoritaire en Syrie.

Durant la matinée, deux personnes ont été tuées et 15 blessées, dont cinq soldats, dans les affrontements entre les deux quartiers malgré le déploiement de l'armée censée séparer les protagonistes, selon les sources hospitalières.

Mardi, quatre habitants de Bab el-Tebbaneh, dont un garçon de 13 ans, et deux habitants de Jabal Mohsen, ont péri. Soixante autres ont été blessées -50 combattants et civils, dont un enfant de six ans paralysé par une balle, et 10 soldats-, selon les mêmes sources.

Les militaires ont renforcé leur présence dans la zone, selon le correspondant de l'AFP sur place.

"Pour empêcher que tout le Liban ne plonge dans la violence, le commandement de l'armée annonce qu'il va entamer un dialogue avec les responsables et les notables de la ville, notamment ceux de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen", selon un communiqué militaire.

L'objectif de l'armée, précise le communiqué, est d'"avoir la situation sous contrôle et de rechercher ceux qui violent les accords et porte atteinte à la sécurité et la stabilité".

A une plus petite échelle, les deux communautés à Tripoli reproduisent en quelque sorte le conflit qui se déroule en Syrie voisine entre des sunnites, majoritaires, et des alaouites.

Les deux camps se sont accusés mutuellement de chercher l'affrontement.

Pour un combattant sunnite, qui ne veut pas donner son nom, "les gens d'en face agissent pour couvrir leur crime en Syrie et pour se venger de l'arrestation de Michel Samaha", un ancien ministre libanais proche de Damas et accusé d'avoir fait entrer des explosifs au Liban pour commettre des attentats.

Sur l'autre colline, un responsable alaouite, Ali Fidda, déclare: "nous ne cherchons pas à imposer nos idées à quiconque, nous sommes cependant prêts à nous défendre si nous y sommes contraints".

Le Premier ministre libanais Najib Mikati, originaire de Tripoli, s'est dit "inquiet des tentatives d'entraîner le Liban de plus en plus dans le conflit en Syrie alors que ce qui est demandé à tous les responsables c'est de coopérer pour (...) protéger le Liban du danger", dans un communiqué.

La France a mis en garde contre toute importation du conflit syrien sur le territoire libanais, alors que le département d'Etat s'est dit "très inquiet des violences" au Liban et d'une "réaction en chaîne à partir de la Syrie".

Les combats, qui secouent régulièrement la ville portuaire de Tripoli entre pro et anti-Assad depuis le début de la crise en Syrie il y a 17 mois, avaient éclaté lundi par des échanges de tirs entre les deux quartiers.

Des incendies se sont déclarés dans plusieurs maisons et des voitures ont été endommagées. De nombreux immeubles ont été totalement abandonnés par les civils.

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