Après 18 ans de difficiles négociations, la Russie est devenue mercredi le 156e pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) même si cette adhésion reste controversée dans le pays.

Moscou espère ainsi moderniser son économie, attirer plus d'investissements étrangers et influencer l'élaboration des règles du commerce international.

Le « voyage » a été « long » pour la Russie, a reconnu le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, en ajoutant dans un communiqué que cela allait « sans aucun doute renforcer le système de commerce multilatéral ».

Les taxes à l'importation seront revenues à la baisse pour passer en moyenne de 9,5 % actuellement à 6 % en 2015. Ainsi, les entreprises russes, surtout dans la construction, les transports et les services, pourront acheter des biens et des technologies à l'étranger pour moins cher.

L'OMC ne fait pas l'unanimité

Les autorités russes ont longtemps été partagées sur les avantages de cette adhésion à l'OMC ce qui a contribué à étirer les négociations. Le président Vladimir Poutine avait d'ailleurs plusieurs fois mis en garde contre les effets néfastes de cette adhésion. La crise économique de 2008 a toutefois mis à rude épreuve l'économie russe ce qui a incité Moscou du bien-fondé de son arrivée à l'OMC.

Le mois passé, seuls les députés du parti au pouvoir, Russie unie, avaient entériné le protocole d'adhésion. L'opposition affirme que l'arrivée de la Russie au sein de l'organisation se traduira par de nombreuses faillites d'entreprises, notamment dans l'automobile ou la production de porcs et de volailles. Certains anticipent une entrée massive des produits étrangers dans ces secteurs.

« C'est un moyen parfait de stimuler le développement de l'économie et la concurrence », a écrit sur Twitter l'ex-ministre russe des Finances Alexeï Koudrine, une personnalité respectée dans les milieux internationaux. D'après la Banque mondiale, l'arrivée à l'OMC devrait rapporter à la Russie pas moins de 49 milliards de dollars par an à court terme, soit environ 3 % de PIB.

L'économie russe repose principalement sur les exportations d'hydrocarbures et l'ancien pays communiste manque de produits compétitifs pour l'exportation.

Le Canada et la Russie

Au cours des dernières années, les échanges commerciaux entre le Canada et la Russie se sont intensifiés, passant de 620 millions de dollars en 2002 à 2,8 milliards de dollars l'an dernier.

Le Canada exporte entre autres de l'outillage, de la viande, des véhicules, du poisson, des avions et diverses pièces en Russie et importe surtout des huiles et carburants, des pierres, des métaux précieux, du caoutchouc et des composés chimiques.