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Raids intensifs de l'armée sur Damas et Alep

22/08/2012 09:26 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne a intensifié mercredi ses raids meurtriers contre des secteurs rebelles à Damas et Alep au lendemain d'une annonce surprise par le régime de sa disposition à discuter avec l'opposition d'un départ du président Bachar al-Assad en vue de régler le conflit.

La France et les Etats-Unis ont de nouveau exprimé leur volonté de voir M. Assad quitter le pouvoir rapidement après la déclaration du vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil qui a dit à Moscou que le régime était prêt à discuter de cette question dans le cadre de négociations avec l'opposition.

Et pour Burhan Ghalioun, figure majeure de l'opposition syrienne, cette déclaration est une manoeuvre dilatoire. "Chaque fois que le régime veut gagner du temps, il appelle au dialogue mais il ne pense pas un seul instant mettre un terme à la guerre contre son peuple".

Sur le terrain, les combats ne connaissent aucun répit avec la mort mercredi de 77 personnes, en majorité des civils, à travers la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Appuyés par des hélicoptères et l'artillerie lourde, des soldats syriens ont lancé une importante opération à Kafar Soussa, dans l'ouest de Damas, et sa banlieue qui a fait au moins 22 morts tandis qu'un attentat à la voiture piégée a tué trois personnes à Doummar, près de la capitale, a précisé l'OSDH.

L'OSDH a par ailleurs accusé les troupes du régime d'avair tué 42 civils dans une opération mardi contre la ville de Maadamiyat al-Cham, à 6 km de Damas dont certains auraient été sommairement exécutés. Les troupes ont notamment tiré sur une procession funèbre et le bilan risque de s'alourdir, selon l'OSDH.

Ailleurs dans le pays, l'aviation du régime a bombardé des secteurs rebelles du sud d'Alep, la grande métropole du Nord où les insurgés opposent une résistance farouche aux forces régulières depuis plus d'un mois.

L'armée a tiré des obus sur des quartiers de l'est de la ville et des combats font rage dans plusieurs secteurs de la cité, selon l'OSDH. La veille, soldats et rebelles ont tous deux affirmé avoir gagné du terrain à Alep, les insurgés affirmant contrôler près des deux-tiers de la cité, ce que dément Damas.

Cette cité, qui était la plus florissante du pays grâce à sa production industrielle, se consume aujourd'hui sous le déluge de feu de l'armée et des rebelles, luttant avec acharnement pour son contrôle.

Car c'est dans cette ville, stratégique pour sa richesse et sa proximité avec la frontière turque que se joue, selon le régime de Bachar al-Assad, "la mère de toutes les batailles" dans ce conflit.

Partout à Alep, se dressent des tas d'ordures d'où s'élèvent une fumée noire. Tous les jours, des taxis transportant des blessés passent en trombe alors que des rebelles tentent d'abattre les hélicoptères qui tirent sur leurs positions.

Plus à l'est, à la frontière irakienne, les insurgés ont affirmé avoir pris le contrôle de secteurs de la ville de Boukamal, a indiqué l'OSDH tout en estimant "très difficile pour les rebelles de prendre la totalité de la ville, car des centaines de soldats y sont déployés".

Depuis le début des manifestations contre le régime Assad en mars 2011 ayant pris une tournure violente en raison de la répression, plus de 23.000 personnes ont péri selon l'OSDH, et 17.000 selon l'ONU.

Alors que rien ne permet de croire à un arrêt rapide des violences, le vice-Premier ministre syrien Jamil, a dit la veille à Moscou qu'un départ de M. Assad, réclamé par une partie des Syriens, ne pouvait être posé comme préalable à un dialogue mais que cette question pouvait être discutée dans le cadre de négociations.

L'opposition exclut cependant tout dialogue avant le départ de M. Assad, dont la famille gouverne le Syrie depuis plus de quatre décennies.

Selon des sources politiques à Damas, M. Jamil s'est rendu à Moscou, fidèle allié du régime, pour discuter d'un projet d'organiser une présidentielle anticipée avec la participation de tous les candidats le souhaitant, y compris M. Assad, sous une supervision internationale. Mais Paris et Washington, de même que des pays arabes, refusent une telle candidature.

"Plus vite Assad s'en ira, plus nous aurons de chances de passer rapidement au +jour d'après+", pour une transition, a dit le département d'Etat.

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a de son côté réaffirmé vouloir "arriver" à un départ de M. Assad.

Le conflit syrien menace par ailleurs de se propager au Liban voisin, un pays à l'équilibre confessionnel fragile où des affrontements armés entre Alaouites pro-régime syrien et Sunnites anti-régime syrien ont fait ces trois derniers jours huit morts et 75 blessés à Tripoli (nord).

Le Premier ministre libanais Najib Mikati s'est dit "inquiet des tentatives d'entraîner le Liban de plus en plus dans le conflit en Syrie". Paris a mis en garde contre toute importation du conflit syrien au Liban, alors que Washington s'est dit "très inquiet" d'une "réaction en chaîne à partir de la Syrie".

bur-tp/sb

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