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Nord du Mali: les islamistes interdisent la musique profane sur les radios

22/08/2012 10:32 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Les islamistes qui occupent depuis près de cinq mois le nord du Mali ont annoncé mercredi l'interdiction de la diffusion de toute musique profane sur les radios privées installées dans cette vaste zone où ils entendent appliquer la charia (loi islamique).

"Nous, les moudjahidines de Gao, de Tombouctou et de Kidal (les trois régions administratives du Nord, NDLR), nous refusons désormais la diffusion de toute musique occidentale sur les radios en terre d'islam", a déclaré à l'AFP Oussama Ould Abdel Kader, un des porte-parole du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

L'interdiction prend effet "à partir d'aujourd'hui (mercredi). Nous avons déjà parlé à des gens qui ont des radios. Nous ne voulons plus de musique du +Satan+. Il faut à la place les versets du Coran. La musique de l'Occident est la musique du +Satan+", a-t-il précisé.

"La charia demande ça. Il faut faire ce que Dieu demande. On va appliquer la sanction de Dieu" contre les contrevenants de la mesure visant une dizaine de radios privées, a-t-il ajouté.

Les islamistes du Mujao et d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), contrôlent depuis près de cinq mois le Nord, d'où ils ont évincé les rebelles touareg, sécessionnistes et laïcs.

"Un moudjahidine est un moudjahidine. Je parle au nom de tous les moudjahidine qui sont ici en terre d'islam", a affirmé Oussama Ould Abdel Kader à la question de savoir s'il parlait au nom du Mujao ou au nom de tous les groupes islamistes présents dans la région.

Un responsable de radio dans la ville de Gao a confirmé à l'AFP avoir reçu l'ordre des islamistes sur la diffusion de la musique, tout en refusant de s'exprimer plus pour des raisons de sécurité. Un autre dirigeant de radio, basé dans la ville de Niafunké, a de son côté dit ne pas avoir reçu de notification par les islamistes, mais par un collègue.

Tous deux ont expliqué ne rien pouvoir faire contre la force des islamistes qui s'en sont souvent pris à des hommes de médias ces derniers mois dans le Nord.

Un animateur de radio avait été hospitalisé à Gao début août après avoir été battu par les islamistes lui reprochant d'avoir relaté une manifestation contre la première amputation, le 8 août, de la main d'un voleur présumé.

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