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Marois doute des vraies raisons du départ de Legault du caucus du PQ en 2009

22/08/2012 09:41 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - La chef péquiste Pauline Marois a laissé entendre mercredi soir que François Legault n'a pas révélé les véritables motifs de son départ de la vie politique en 2009.

Lors du troisième débat des chefs présenté à TVA, Mme Marois a dit que M. Legault, à l'époque où il était député du PQ, jugeait que l'opposition péquiste était devenue trop dure envers le gouvernement dans ses questions relatives à la corruption. Et que c'est pour cette raison qu'il a quitté la vie politique.

«Quand vous avez quitté notre formation politique, vous l'avez quittée parce que vous trouviez qu'on était trop dur. Vous n'aimiez pas ça, ce qu'on faisait» pour demander des comptes au gouvernement, a dit la chef péquiste à son ancien collègue, qui a tiré sa révérence en juin 2009.

«Vivez avec vos décisions», a-t-elle ajouté, plaçant aussitôt le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) sur la défensive.

En appui à ses affirmations, elle a donné pour exemple le financement controversé des fonds d'investissement en régions (FIER), en disant que M. Legault avait refusé de demander des comptes au gouvernement, en Chambre, pour protéger son ami et futur co-fondateur de son parti, l'homme d'affaires Charles Sirois, impliqué dans un FIER.

Piqué au vif, M. Legault a nié en bloc les allégations de Mme Marois.

«C'est complètement faux», a-t-il répété.

Il a soutenu avoir quitté le PQ parce que le parti n'avait qu'une seule préoccupation: faire la souveraineté.

«Vous ne me l'avez pas dit comme ça quand vous êtes parti», a répliqué la chef péquiste, très sûre d'elle.

L'affrontement entre les deux ex-collègues, qui a tourné par moments au règlement de comptes, a donné lieu à l'un des points forts de la soirée quand M. Legault a insisté encore et encore pour connaître la stratégie référendaire de Mme Marois.

En s'appuyant sur le volet du programme du PQ portant sur les référendums d'initiative populaire, il a conclu que Mme Marois ne pourrait arrêter le train, dès lors que 850 000 personnes auront signé une pétition réclamant un référendum sur la souveraineté.

M. Legault parlait de cette hypothèse comme d'un scénario apocalyptique, prédisant que Mme Marois allait «nous précipiter dans le ravin avec les caribous», faisant allusion aux éléments les plus pressés parmi les souverainistes.

«Ça va être le chaos!», a prédit l'ex-ministre, qui était un ardent souverainiste jusqu'en 2009.

Sur la défensive à son tour, Mme Marois a tenté de contourner la question, sans dévoiler sa stratégie référendaire, en disant qu'elle faisait confiance à la population.

En point de presse, par la suite, elle a précisé sa pensée, affirmant qu'un référendum d'initiative populaire était fait à titre consultatif et que le gouvernement avait «toujours une latitude» pour y donner suite ou pas. En cela, Mme Marois a répété la position qu'elle avait adoptée en avril 2011, à savoir qu'elle ne tiendrait de référendum sur la souveraineté que lorsqu'elle aurait l'assurance d'avoir une majorité de la population derrière elle.

«Vous avez renié vos convictions», a lancé Mme Marois à son ex-collègue, l'appelant tantôt «François», tantôt «M. Legault».

Ce dernier a traité la chef péquiste de «reine du statu quo», lui reprochant de ne pas avoir fait les réformes nécessaires quand elle était au gouvernement.

D'entrée de jeu, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) avait tenté de faire dire à son ex-collègue que le plafond de dépenses des partis durant les campagnes électorales, fixé à 11 millions $, était trop élevé. Mais Mme Marois ne lui a pas donné raison, jugeant que c'était une question d'importance mineure.

En matière de santé, Mme Marois a dit qu'il serait «irréaliste» de faire croire à la population qu'on peut régler rapidement le problème d'engorgement des urgences, comme le fait M. Legault.

Il s'agissait du troisième et dernier débat des chefs en face à face diffusé par TVA.

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