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Les Éthiopiens rendent hommage au premier ministre Meles Zenawi

22/08/2012 04:50 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

ADDIS ABEBA, Éthiopie - Des milliers d'Éthiopiens en deuil se sont massés dans les rues d'Addis Abeba au petit matin mercredi pour accueillir le cercueil du premier ministre Meles Zenawi, mort dans la nuit de lundi à mardi en Belgique.

Des centaines de personnes ont patienté sous la pluie près de l'aéroport international d'Addis Abeba pour assister à l'arrivée du corps du premier ministre, tard mardi soir, en provenance de Belgique. Meles avait été hospitalisé dans ce pays pour une maladie que les autorités éthiopiennes n'ont pas divulguée.

Le Parlement éthiopien doit organiser une réunion d'urgence jeudi pour assermenter le nouveau premier ministre. Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Hailemariam Dessalegn, est devenu le premier ministre par intérim après la mort de Meles Zenawi.

Hailemariam est une personnalité relativement jeune sur la scène politique éthiopienne, et on ne sait pas encore si les politiciens de la vieille garde et les partis politiques de la majorité lui accorderont le poste de premier ministre à long terme.

Meles Zenawi est mort à l'âge de 57 ans. Il dirigeait le gouvernement éthiopien depuis 1991.

Quand le cercueil du défunt a été sorti de l'avion d'Ethiopian Airlines tard mardi soir, les généraux de l'armée, des leaders religieux, des diplomates et des ministres du gouvernement se sont tenus solennellement pendant qu'une fanfare militaire jouait une musique de circonstance.

«C'est chez nous (...) mais Meles n'est plus ici», a déclaré la femme du premier ministre, Azeb Mesfin, devant la foule.

«Il était jeune», a commenté un résidant de la capitale, Almaz Mulugea. «Il ne se reposait jamais. Il ne s'est jamais reposé de sa vie. C'est vraiment dommage qu'il soit mort avant d'avoir pu se reposer.»

Malgré les hommages au défunt, des organisations de défense des droits de la personne critiquent depuis longtemps Meles pour son style de gouvernance autocratique envers certains groupes ethniques et les opposants politiques. Ses adversaires l'accusent d'avoir tué et emprisonné des membres de l'opposition et d'avoir truqué les élections.

La communauté somali d'Éthiopie a particulièrement souffert sous son règne.

«Le gouvernement de Meles Zenawi a causé des souffrances inimaginables au peuple de l'Ogaden, bien plus que tous ses prédécesseurs», a déclaré le Front national de libération de l'Ogaden, un groupe interdit. «Le front aimerait considérer sa mort comme une occasion pour le régime qui lui succédera d'initier une nouvelle ère de paix, de stabilité, de liberté et de justice pour le peuple de l'Ogaden, plutôt que de poursuivre les politiques ratées du passé.»

Mardi, le ministre éthiopien de la Communication avait minimisé les possibilités de changement dans les politiques intérieures et étrangères du pays. Mais le seul membre de l'opposition au Parlement, Girma Seifu, pense que le nouveau premier ministre pourrait apporter des changements.

«Hailemariam n'est pas Meles», a dit Girma. «Il est naturel que chaque individu soit différent et le nouveau leader, que ce soit Hailemariam ou quelqu'un d'autre, utilisera sa propre approche pour diriger le pays. J'espère qu'il changera les choses pour le mieux et que l'establishment du parti au pouvoir le permettra. S'ils ne le permettent pas, c'est qu'ils sont vraiment malades.»

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