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Les acteurs possibles de l'après-Meles en Ethiopie

22/08/2012 07:13 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Le décès du Premier ministre Meles Zenawi, incarnation à lui seul du pouvoir éthiopien depuis plus de 20 ans, suscite des questions sur sa succession à la tête du deuxième pays le plus peuplé d'Afrique.

Voici certains des acteurs susceptibles de jouer un rôle dans l'après-Meles:

HAILEMARIAM DESALEGN: A 47 ans, il occupe les postes de vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères depuis 2010. En tant que vice-Premier ministre, il a été chargé d'assurer l'interim. La Constitution, muette sur les cas d'empêchement ou de vacance, le charge d'"agir au nom du Premier ministre en son absence", ce qui était le cas alors que ce dernier était hospitalisé à Bruxelles.

Ancien conseiller de Meles Zenawi sur les Affaires sociales, il est l'un des rares membres du premier cercle du pouvoir éthiopien à ne pas être issu du nord du pays. Il est originaire de la Région des nations, nationalités et peuples du Sud (SNNPR), une entité administrative du sud, ce qui représente un handicap certain, voire insurmontable, dans la course à la succession.

BERHANE GEBRE-CHRISTOS: Agé de 59 ans, c'est un proche de longue date de Meles Zenawi, originaire comme lui de la région septentrionale du Tigré. Les deux hommes se sont rencontrés au sein de la guérilla, que M. Berhane a rejoint dès 1976. Il est considéré comme un candidat sérieux pour la succession au poste de Premier ministre, avec pour autre atout une forte expérience internationale.

Actuel ministre délégué aux Affaires étrangères, ce diplomate de carrière a étudié en Europe et fut ambassadeur d'Ethiopie pour les pays du Benelux, auprès de l'Union européenne, mais surtout aux Etats-Unis, l'un des plus proches alliés d'Addis Abeba.

AZEB MESFIN: Epouse de Meles Zenawi qu'elle a rencontré dans le maquis. Son parcours et ses activités au sein de la guérilla restent peu connus et elle-même demeure plutôt discrète à ce sujet. Actuellement députée et femme d'affaires active en Ethiopie, elle est accusée par l'opposition d'avoir profité de sa position auprès de Meles pour s'enrichir. Elle a présidé l'organisation onusienne des premières dames contre le sida, dont elle est toujours membre.

Même si elle ne part pas favorite, certains observateurs voient en elle un successeur possible, quand d'autres estiment qu'elle pourrait faire les frais des luttes au sein du parti au pouvoir.

TEDROS ADHANOM GEBREYESUS: Actuel ministre de la Santé, il a occupé divers postes au sein de ce ministère, et a été chef du bureau régional de la Santé de la région du Tigré, dont était originaire Meles.

Diplômé de médecine au Royaume-Uni, ses recherches sur le paludisme lui ont attiré une reconnaissance internationale. Bien qu'il soit une figure importante du gouvernement, les analystes estiment que son expérience politique, limitée au secteur de la santé, pourrait l'handicaper.

GIRMA WOLDEGIORGIS: 88 ans, président d'Ethiopie, son rôle est essentiellement protocolaire et son pouvoir extrêmement limité. Il a été élu chef de l'Etat par la Chambre des représentants en 2001. Peu d'analystes le voient comme un successeur potentiel, en raison de son influence politique limitée, de son âge et de sa santé incertaine. En mars 2012, des rumeurs le donnaient décédé, alors que selon des responsables éthiopiens, il était soigné à l'étranger.

Ancien parlementaire, il a également dirigé l'aviation civile, et été directeur général du ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Planification.

L'OPPOSITION: la coalition d'opposition Medrek, créé en 2009 par huit partis d'opposition - dont il ne reste que six aujourd'hui - n'a obtenu qu'un siège au législatives de 2010, remportées par la coalition au pouvoir avec 99% des suffrages. Sa faible assise électorale et son caractère extrêmement fragmenté devrait l'empêcher de jouer tout rôle dans un éventuel processus de succession, selon les analystes.

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