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L'armée accusée d'une tuerie près de Damas, pressions accrues sur Assad

22/08/2012 05:31 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Une grande opération de l'armée syrienne a fait des dizaines de morts parmi la population civile dans la région de Damas, a dénoncé mercredi une ONG syrienne au moment où Paris et Washington réitéraient leur appel à un départ du pouvoir du président Bachar al-Assad.

Alors que les combats font rage pour le contrôle de la ville stratégique d'Alep (nord), l'armée syrienne a mené une grande opération dans la région de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui rapporte la mort de 42 civils dans la seule ville de Maadamiyat al-Cham, dont certains auraient été sommairement exécutés.

Pendant ce temps, Paris et Washington répétaient leur volonté de voir Bachar al-Assad quitter rapidement le pouvoir après que le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil eut déclaré à Moscou que le régime était prêt à discuter de cette question dans le cadre de négociations avec l'opposition.

M. Jamil, également ministre du Commerce, avait toutefois estimé que cette question ne pouvait être posée comme préalable à l'ouverture d'un dialogue alors que l'opposition exclut tout dialogue avant le départ du pouvoir de M. Assad, dont la famille gouverne le Syrie depuis plus de quatre décennies.

Selon des sources politiques à Damas, M. Jamil s'est rendu à Moscou, fidèle allié du régime, pour discuter d'un projet d'organiser une élection présidentielle anticipée avec la participation de tous les candidats qui le souhaitent, y compris Bachar al-Assad, sous une supervision internationale.

"Plus vite Assad s'en ira, plus nous aurons de chances de passer rapidement au +jour d'après+", pour une transition en Syrie, a réagi le département d'Etat en ne voyant rien de "terriblement nouveau" dans les propos de M. Jamil.

Interrogé à la radio sur une éventuelle démission du président syrien, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a répondu mercredi: "il faut y arriver", réaffirmant que "l'objectif est de trouver les conditions d'une transition politique".

Plus d'un mois de combats acharnés sur le front d'Alep

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Sur le terrain, les combats et les bombardements se poursuivaient notamment à Alep (355 km au nord de Damas), capitale économique de Syrie où rebelles et soldats se livrent une bataille acharnée depuis plus plus d'un mois. Mardi, 31 civils, dont cinq femmes et cinq enfants, y ont trouvé la mort, selon l'OSDH qui rapporte également la mort de 15 combattants.

Par ailleurs, le bilan des 42 morts à Maadamiyat al-Cham, une localité où vivent chrétiens, sunnites et alaouites à 6 km de Damas, risque de s'alourdir alors que l'armée a ouvert le feu sur une procession funèbre, selon l'OSDH qui rapporte la mort mardi de 198 personnes dans les violences en Syrie.

Depuis le début des manifestations contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011 ayant pris une tournure violente en raison de la répression, 23.000 personnes ont péri selon l'OSDH, et 17.000 selon l'ONU.

Le conflit syrien menace par ailleurs de se propager au Liban voisin, un pays à l'équilibre confessionnel fragile où des affrontements armés entre Alaouites pro-régime syrien et Sunnites anti-régime syrien ont fait mardi six morts et 75 blessés dans la ville de Tripoli (nord).

Le bruit des fusillades était entendu par intermittence mercredi dans cette ville libanaise. L'armée libanaise, censée séparer les protagonistes, a eu 15 blessés dans ses rangs, selon une source militaire.

Le président français François Hollande s'était entretenu la veille de la transition politique avec le chef de la principale coalition d'opposition, le Conseil national syrien (CNS), Abdel Basset Sayda.

Et il avait répété son souhait de voir Bachar al-Assad quitter le pouvoir en recevant cette semaine le nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, qui avait suscité la colère de l'opposition syrienne en refusant de prendre position sur la question d'un départ de M. Assad.

Mais les Etats-Unis, les Européens et plusieurs pays arabes refusent une candidature de M. Assad au scrutin prévu normalement en 2014, selon ces sources.

bur/sb/hj

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