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L'Afrique du Sud prépare un hommage national aux 44 morts de la mine de Marikana

22/08/2012 07:35 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Les autorités sud-africaines préparaient mercredi des cérémonies d'hommage en mémoire des 44 morts de la mine de Marikana (nord) mais le conflit social n'est pas résolu et la grève a fait tâche d'huile.

Plusieurs centaines de foreurs ont débrayé dans une mine de platine voisine appartenant à l'exploitant sud-africain Royal Bafokeng Platinum qui emploie 7.000 salariés près de Rustenburg.

La direction a précisé à l'AFP que "la situation était calme".

Les grévistes, dont des représentants ont été reçus, étaient massés devant l'un des puits où quatre fourgons de police étaient déployés.

A Marikana, théâtre d'une grève sauvage qui a dégénéré, faisant 10 morts dont deux policiers dans des rivalités intersyndicales puis 34 morts et 78 blessés quand la police a ouvert le feu jeudi dernier, la situation était calme, a constaté l'AFP, même si l'heure était toujours aux revendications.

Plusieurs foreurs de ce site du groupe britannique Lonmin étaient toujours en grève, expliquant qu'ils voulaient que les 259 mineurs arrêtés le 16 aout soient libérés.

"S'ils mettent 12.500 rands (1.250 euros) sur la table aujourd'hui, nous sommes prêts à reprendre le travail dès aujourd'hui", a aussi déclaré l'un des grévistes, Kwenene Msindiseni, reprenant la revendication salariale à l'orgine du conflit.

L'évêque Jo Seoka, qui joue les médiateurs, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'"en tant qu'église, nous ne pensons pas que les travailleurs demandent quelque chose d'impossible. C'est faisable".

La direction de Lonmin affirme que ses foreurs gagnent déjà l'équivalent de plus de 1.100 euros par mois avec les bonus.

Mardi, l'entreprise avait décidé, sous la pression politique, de respecter une trêve pendant la période de deuil national d'une semaine décrétée après la tuerie par le président Jacob Zuma et levé sa menace de licencier les grévistes.

Plusieurs cérémonies d'hommage doivent se tenir jeudi, dont l'une à Marikana, a annoncé le secrétaire général de la présidence sud-africaine, Collins Chabane, à la radio.

Il n'y aura pas d'obsèques collectives, les corps des grévistes tués ayant été rapatriés dans leurs familles, souvent loin de la mine située à une heure et demie de route à l'ouest de Johannesburg, la capitale économique.

Une autre cérémonie est prévue à Mthatha (Cap oriental), la ville la plus proche du village de Nelson Mandela, dans le sud rural du pays d'où de nombreux mineurs sont originaires.

La plupart des grévistes tués étaient des travailleurs d'autres régions. Un seul n'est pas sud-africain mais originaire du Lesotho, petit pays enclavé dans le vaste territoire sud-africain.

Les drapeaux sont en berne depuis lundi à la demande du président Zuma, dont le gouvernement est accusé de n'avoir pas anticipé le drame malgré des signes avant-coureurs, et qui est réduit aujourd'hui à faire de la gestion compassionnelle de la crise.

"Nous ne souhaitons pas que ces cérémonies d'hommage soient politisées (...) pour que les gens puissent se recueillir", a souligné M. Chabane.

Il n'a pas précisé si des membres du gouvernement seraient présents lors des cérémonies de jeudi.

Une autre mine de platine est aussi sous la pression de ses salariés à Thembelani, exploitée par le géant anglo-sud-africain Anglo American Platinum (Amplats).

Les exigences des salariés, contenues dans un mémorandum, portent sur "une large palette de revendications" et "ils nous donnent jusqu'à vendredi", a précisé un porte-parole Mpumi Sithole.

Depuis des mois, la production de platine, dont l'Afrique du Sud est numéro un mondial, connaît de fortes tensions sociales auxquelles la crise mondiale n'est pas étrangère, mais qui illustrent aussi nombre de mauvaises pratiques sociales héritées du passé et qui persistent dans le secteur minier.

A Marikana, le drame s'est noué autour des revendications salariales de 3.000 foreurs, des hommes qui effectuent le travail le plus dangereux. Le conflit a été attisé par des rivalités intersyndicales.

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