NOUVELLES

La CRIIRAD et une ONG inquiètes sur l'exploitation d'une mine d'uranium au Niger

22/08/2012 12:09 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Des ONG ont exprimé mercredi à Valence (sud-est de la France) leurs inquiétudes sur le démarrage d'une exploitation par Areva de la mine d'uranium géante d'Imouraren (Niger), prévue fin 2013, et ses conséquences sur l'environnement et la santé des populations.

Mi-juin, à l'issue d'un entretien à Paris avec le président nigérien Mahamadou Issoufou, François Hollande s'était prononcé pour une accélération de la mise en exploitation de cette mine, qui doit produire quelque 5.000 tonnes d'uranium par an à plein régime.

Mais pour la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), une ONG dont le siège est à Valence (Drôme), et l'association nigérienne Aghir in man, l'exploitation de cette mine va conduire "à l'assèchement et à la contamination des ressources en eau et à la disparition des espaces pastoraux sur des centaines de kilomètres carrés".

La mine, exploitée par le groupe industriel français Areva, aura aussi des conséquences sur la faune et la flore, a prédit le président d'Aghir in man, Almoustapha Alhacen.

Pour Bruno Chareyron, de la CRIIRAD, la teneur en uranium de la roche à Imouraren "est très faible. Il faudra extraire 3,8 milliards de tonnes de roche pour atteindre cet uranium".

Cette mine à ciel ouvert de 8 km de long et 2,5 de large sera alors bordée de "collines" de roches stériles dont les poussières seront exposées au vent et aux pluies, selon la CRIIRAD et Aghir in man, qui craignent aussi la présence de matériaux radioactifs à l'air libre, avec les conséquences sur la santé des populations et sur les eaux souterraines.

Les responsables d'Aghir in man se sont rendus il y a deux mois dans la zone d'Imouraren, a indiqué son secrétaire général, Ghamar Ilatoufegh. "La mine a commencé à être creusée" et déjà, les puits de certains éleveurs "commencent à s'assécher", a-t-il affirmé, ajoutant qu'Areva n'a pas fourni d'explication sur ce phénomène.

Autour de la mine, un "périmètre sanitaire couvrira quelque 450 km" inaccessible aux populations nomades et à leurs animaux, "sans compensation", s'est plaint M. Ilatoufegh pour qui "ces populations sont en train d'être expropriées de leur surface de vie par Areva".

Le Niger est le sixième producteur mondial d'uranium. Premier produit d'exportation, le minerai représente 5% de son produit intérieur brut (PIB) et génère plus de 5% des recettes fiscales.

hg/phi/nou/efr

PLUS:afp