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Duel entre Legault et Charest : l'épreuve des faits

22/08/2012 02:16 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

Les électeurs ont eu droit à plusieurs déclarations mardi soir lors du duel opposant Jean Charest et François Legault. Radio-Canada a vérifié quelques-unes de leurs affirmations, notamment celles portant sur l'éthique, le décrochage scolaire et le salaire moyen.

Dès les premiers instants du débat, le chef caquiste a dû se porter à la défense de son champion de l'intégrité, devant répondre aux révélations de Radio-Canada concernant le financement de la course à la mairie de Montréal de son candidat vedette Jacques Duchesneau.

« Écoutez, M. Duchesneau a été enquêté par le Directeur général des élections et ils n'ont rien trouvé », s'est-il contenté de répondre, refusant de porter une attention particulière à ces allégations.

Vérification faite, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) n'a jamais enquêté sur des dons anonymes non déclarés reçus par l'organisation de Jacques Duchesneau lors du lancement du Parti Nouveau Montréal.

L'enquête du DGEQ portait plutôt sur l'usage de prête-noms. Et elle avait conclu que l'ancien chef de l'Unité anticollusion n'avait commis aucune infraction.

Toujours au chapitre de l'éthique, François Legault a réitéré vouloir adopter son projet de loi no 1 sur l'intégrité dès son arrivée au pouvoir.

Cette promesse pourrait toutefois être difficile à respecter, puisque la Coalition avenir Québec veut s'inspirer des recommandations de la commission Charbonneau, dont les travaux ne seront pas terminés avant octobre 2013.

Décrochage et salaire moyen

La question du décrochage scolaire est revenue à plusieurs reprises au cours du débat opposant les deux chefs.

« Vous reconnaissez que le taux de décrochage scolaire est plus bas depuis que nous sommes au gouvernement? », a demandé Jean Charest.

« Pas du tout, il est le même, vous avez changé la méthode [de calcul] M. Charest », a rétorqué François Legault.

Vérification faite, le ministère de l'Éducation a bel et bien changé sa manière de mesurer le décrochage scolaire. Et la nouvelle méthode ferait baisser le taux de décrochage de 5 à 6 points de pourcentage, selon la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Le thème de l'économie a également pris une grande place au cours de ce débat, au cours duquel Jean Charest a souligné derechef que les Québécois ont vu leur salaire augmenter depuis que le gouvernement libéral est au pouvoir.

« Le salaire horaire moyen est passé de 15,31 $ en 2003 à 21,47 $ en 2011, c'est une augmentation de 40 % », a-t-il soutenu.

Selon les données de Statistique Canada, depuis que Jean Charest est premier ministre, le salaire horaire moyen a augmenté de 23 %, et non de 40 % comme l'affirme le chef libéral. Depuis 2003, le Québec arrive par ailleurs au neuvième rang pour ce qui est de la progression de la moyenne salariale.

Jean Charest a également réitéré sa promesse du plein emploi et d'un taux de chômage à 6 % d'ici la fin du prochain mandat. Un taux de chômage aussi bas au Québec remonte à l'année de l'Expo, en 1967.

Avec les informations de Vincent Maisonneuve et de Thomas Gerbet

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