NOUVELLES

Canada: une association dénonce la venue d'un chanteur libanais "homophobe"

22/08/2012 02:18 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

La venue prochaine du chanteur libanais Mohamed Iskandar au Canada a été dénoncée mercredi par la branche canadienne d'une organisation qui défend les homosexuels libanais et arabes, qui l'accuse d'homophobie et de sexisme.

Le communiqué du groupe HELEM, qui oeuvre depuis 2004 pour dénoncer la discrimination dont font l'objet les milieux LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels), cite en particulier une chanson "homophobe" de Mohamad Iskandar sortie cette année et intitulée "Dod el Enef" (Contre la violence), reprenant le slogan souvent utilisé par les milieux homosexuels.

Sans être très populaire au Liban - où son dernier opus n'a pas attiré beaucoup d'attention - M. Iskandar y avait fait couler beaucoup d'encre avec deux chansons sexistes, remettant en cause l'égalité entre femmes et hommes.

Selon HELEM, "Contre la violence" raconte l'histoire d'une famille où l'homosexualité d'un fils est censée avoir causé la séparation des parents. Elle encourage aussi la violence contre des garçons "efféminés".

Son clip, visible sur YouTube, reprend des stéréotypes anti-homosexuels, évoquant des hommes ayant des rapports sexuels dans les toilettes, puis des garçons portant des talons hauts et jouant avec des poupées.

Le groupe canadien affirme que "l'art nauséeux" du chanteur libanais "contredit les valeurs canadiennes et encourage la propagande haineuse" et se réserve le droit de le poursuivre devant les tribunaux, ainsi que les promoteurs de ses concerts, prévus début septembre à Montréal et à Ottawa.

Selon les organisateurs d'un "Festival de la famille" à Montréal, dans le cadre duquel l'artiste libanais doit se produire, la chanson controversée ne doit pas figurer au programme, a rapporté mercredi le quotidien La Presse.

Il est rare que l'homosexualité soit abordée publiquement dans les pays arabes où il s'agit pratiquement d'un sujet tabou. Fin juillet, 36 hommes ont été arrêtés au Liban dans un cinéma gay et forcés à subir un "test anal" destiné à vérifier leur orientation sexuelle.

via/lor

PLUS:afp