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Au moins 48 morts dans des affrontements ethniques dans le sud-est du Kenya (police)

22/08/2012 07:29 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Au moins 48 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, ont été massacrées à la machette ou brulées vives dans la nuit de mardi à mercredi par des hommes armés qui ont attaqué une communauté rivale dans le sud-est du Kenya, a déclaré la police.

Il s'agit de l'attaque à caractère ethnique la plus meurtrière au Kenya depuis les violences post-électorales de fin 2007 et début 2008.

Selon Joseph Kitur, chef-adjoint de la police de la Province côtière, le raid a été mené dans le district rural de Tana River, à quelque 300 km de la capitale Nairobi, par des hommes Pokomo contre des villageois Orma, deux communautés rivales depuis des années.

"Au total, 48 personnes ont été tuées, 31 femmes, 11 enfants et six hommes" et des habitations incendiées, a déclaré M. Kitur.

"C'est un évènement terrible, 34 personnes ont été tuées à coups de machettes et 14 autres ont été brûlées vives", a-t-il ajouté.

"Notre enquête montre que ce sont les Pokomo qui ont attaqué des Orma vivant sur une île", a-t-il précisé.

Mais selon un député local, Danson Mungatana, l'attaque de mardi soir était un acte de représailles.

Il y a une dizaine de jours, des Orma auraient tué trois Pokomo. Des membres de leur communauté auraient alors massacré près de 200 têtes de bétail d'Orma, qui auraient à leur tour de nouveau attaqué des villages Pokomo et brûlé plus de 100 maisons, a-t-il raconté.

Toujours selon le député, la présence policière a été accrue dans la région depuis les derniers affrontements.

"Les affrontements autour de questions de pâturage sont fréquentes dans cette région," a commenté le porte-parole de la police nationale, Eric Kiraithe.

Les Pokomo sont essentiellement des agriculteurs sédentaires, installés le long de la rivière Tana. Les Orma sont eux majoritairement des éleveurs nomades.

Plus de 100 personnes avaient déjà été tuées en 2001 dans des affrontements liés à l'accès aux terres et à une rivière dans la même région entre ces deux communautés. "Depuis, nous vivions dans une paix relative," a affirmé M. Mungatana.

Les attaques entre communautés qui se disputent des terres de pâturage et des points d'accès à l'eau sont également fréquentes dans le nord et l'est du Kenya.

Fin 2007 et début 2008, les violences ethniques qui avaient dévasté le pays avaient, elles, été provoquées par la réélection contestée du président Mwai Kibaki contre Raila Odinga, devenu depuis Premier ministre.

Plus de 1.000 personnes avaient été tuées et des centaines de milliers d'autres déplacées.

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