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Affaire Assange : l'Équateur se dit ouvert au dialogue avec Londres

22/08/2012 01:21 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

Le président équatorien Rafael Correa se dit ouvert au dialogue avec la Grande-Bretagne, mais somme Londres de mettre fin à ses menaces d'arrêter Julian Assange, réfugié à l'intérieur de l'ambassade équatorienne. De son côté, la Suède, aussi mêlée à cet imbroglio diplomatique, affirme que la balle est dans la cour des autorités américaines.

Julian Assange « pourra rester indéfiniment dans notre ambassade », a mis en garde M. Correa mardi, lors d'une conférence de presse à Guayaquil.

« Nous n'espérons pas des excuses, nous ne le demandons pas, mais il faut que la Grande-Bretagne retire l'erreur gravissime commise en menaçant l'Équateur d'éventuellement violer sa mission diplomatique pour arrêter M. Julian Assange, a-t-il déclaré. En dépit de cette impertinence, de cette grossière et inacceptable menace, nous restons ouverts au dialogue. »

L'Équateur a accordé l'asile politique à l'Australien Julian Assange dans ses quartiers le 16 août dernier afin d'empêcher son extradition vers la Suède, où il est accusé d'agression sexuelle sur deux femmes.

Le fondateur de Wikileaks craint surtout que la Suède accepte de l'extrader vers les États-Unis, où il risque une longue peine de prison pour avoir divulgué des centaines de milliers de télégrammes américains confidentiels. L'Équateur craint qu'Assange n'ait pas droit à un procès équitable aux États-Unis. Assange affirme qu'il pourrait même y être condamné à la peine capitale pour espionnage.

C'est la « position intransigeante » de Londres et de Stockholm qui a déclenché la crise, a accusé M. Correa, lundi.

Garanties américaines

Alors que la Grande-Bretagne refuse de laisser Assange quitter son territoire librement, la Suède refuse quant à elle de promettre qu'elle ne l'extraderait pas vers les États-Unis.

La loi suédoise et la convention européenne des droits de l'Homme, signée par Stockholm, interdisent l'extradition d'une personne vers un pays où elle encourt la peine de mort.

Les autorités suédoises considèrent donc que c'est à Washington à garantir que la peine de mort ne serait pas prononcée ni appliquée envers M. Assange, a expliqué un conseiller du ministère de la Justice.

La Suède a fait savoir qu'elle n'avait reçu jusqu'ici aucune demande d'extradition de la part des États-Unis.

Attaques pirates pro-Assange

Des sites gouvernementaux britanniques ont été la cible de « hackers » pendant environ 24 heures en début de semaine. Les attaques visaient à soutenir Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, dans sa croisade contre les États qui veulent le traduire en justice.

Le site du ministère de la Justice a été perturbé, bien qu'il soit destiné à informer le public et ne contienne aucun renseignement d'ordre confidentiel, selon un porte-parole du ministère.

Les services du premier ministre David Cameron et du ministère de l'Intérieur ont précisé que les attaques sur leurs sites respectifs avaient échoué ou n'avaient causé que de légères perturbations.

Tous les sites avaient retrouvé un fonctionnement normal mardi après-midi.

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