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Accrochages liés au conflit syrien: 6 morts et 75 blessés au Liban

22/08/2012 02:58 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

Des hommes armés sunnites et alaouites étaient mercredi sur le pied de guerre à Tripoli, dans le nord du Liban, et des tirs étaient entendus par intermittence, après une journée de violences qui a fait 6 morts et 75 blessés, dans les deux camps, selon un dernier bilan.

Dans ces deux quartiers misérables séparés par une rue, personne n'était visible mercredi sur la ligne de front. La veille, quatre habitants de Bab el-Tebbaneh, majoritairement sunnite, dont un garçon de 13 ans, et deux de Jabal Mohsen, le quartier alaouite qui soutient le régime de Damas, ont trouvé la mort, selon des sources hospitalières.

Selon la même source, 42 habitants du quartier sunnite, dont un enfant de six ans paralysé par une balle, et 18 du quartier adverse ont été blessés.

Les combats se mènent à l'arme automatique, à la roquette antichar et avec des bombes. A une plus petite échelle, les deux communautés reproduisent le conflit qui se déroule dans la Syrie voisine entre les sunnites majoritaires et les alaouites, qui tiennent les rênes du pouvoir.

L'armée, censée séparer les protagonistes, a eu 15 blessés dans ses rangs, selon une source militaire.

Les deux camps se sont accusés mutuellement de chercher l'affrontement.

Abou Mahmoud, 45, de Bab al-Tebbaneh, affirme que "le Parti arabe démocratique de Jabal Mohsen, affidé au régime syrien et il fait ce que ce dernier lui demande".

Pour un autre combattant sunnite, qui ne veut pas donner son nom, "les gens d'en face agissent pour couvrir leur crime en Syrie et pour se venger de l'arrestation de Michel Samaha", un politicien libanais proche de la Syrie accusé d'avoir fait entrer des explosifs au Liban pour commettre des attentats.

Sur l'autre colline, un responsable alaouite, Ali Fidda, assure qu'il y a encore des tirs. "Il y a des différences de vues (avec nos adversaires) et nous ne cherchons pas imposer nos idées à quiconque mais nous sommes prêts à nous défendre si nous y sommes contraints".

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a appelé l'armée et les forces de sécurité "à faire leur possible pour arrêter cette bataille absurde".

Les combats, qui secouent régulièrement la ville portuaire entre pro et anti-Assad depuis le début de la crise en Syrie il y a 17 mois, avaient éclaté lundi par des échanges de tirs entre les deux quartiers.

"L'armée continue de pourchasser les hommes armés et elle est parvenue à saisir une quantité de fusils, de bombes et de munitions", a précisé mardi un communiqué militaire.

Des incendies se sont déclarés dans plusieurs maisons et des voitures ont été endommagées dans les deux quartiers, d'après les services de sécurité.

Selon un correspondant de l'AFP, les immeubles dans cette zone ont été totalement abandonnés par les civils.

"Nous avons à plusieurs reprises averti qu'il ne fallait pas se laisser entraîner" dans la crise en Syrie "mais il est clair que de nombreuses parties veulent précipiter le Liban dans ce conflit", a dit M. Mikati, originaire de Tripoli.

S'adressant aux habitants, il les a exhortés à ne "permettre à personne de (les) transformer en munitions dans la guerre des autres et à ne pas se laisser entraîner dans des combats dont les résultats ne sont que mort et destruction".

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