INTERNATIONAL

Des femmes et des enfants tués à Alep, des maisons incendiés près de Damas (ONG)

21/08/2012 07:12 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT
AP
A Syrian man looks out of the rubble as rescuers, not shown, look for the bodies of two girls thought to be under the rubble of a building hit by a Syrian government airstrike in Aleppo, Syria, Sunday, Aug. 19, 2012 (AP Photo/ Khalil Hamra)

L'armée bombardait mardi Alep et sa province, dans le nord de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a fait état d'au moins 15 morts à travers le pays, dont des femmes et des enfants.

Près de Damas, les forces régulières ont lancé un assaut sur Maadamiyat al-Cham et commencé à "incendier des maisons et des commerces", tandis que les corps de trois hommes exécutés sommairement ont été retrouvés dans la ville, rapporte l'OSDH.

A Alep, plusieurs quartiers étaient bombardés et de nouveaux combats entre rebelles et troupes régulières se déroulaient à Sleimane al-Halabi, un quartier de l'est de ville où une journaliste japonaise, Mika Yamamoto, a été tuée lundi alors qu'elle couvrait les affrontements.

Dans cette métropole où se joue depuis plus d'un mois une bataille cruciale pour les deux camps, neuf civils ont été tués dans des bombardements, dont deux femmes, un garçon de neuf ans et une fille de cinq ans, selon l'OSDH qui se base sur un large réseau de militants.

Dans la province alentours, les localités de Marea et Tall Rifaat ont été bombardées mardi matin par les forces du régime. Les bombes ont tué un homme et un enfant à Marea, mais en début d'après-midi, le pilonnage avait cessé et des commerces étaient ouverts dans le centre-ville, selon un journaliste de l'AFP.

"L'armée bombarde les centres des rebelles dans la région d'Alep pour empêcher les ravitaillement en armes et munitions d'arriver" dans la ville, a affirmé à l'AFP un responsable syrien des services de sécurité.

"Des renforts des deux côtés se dirigent vers Alep. C'est une guerre qui va prendre beaucoup de temps", a-t-il ajouté.

Près de Marea, un journaliste de l'AFP a assisté à la procession funèbre d'un jeune homme de 20 ans tué dans un raid de l'armée, porté sur une civière et enveloppé d'un linceul, le visage à découvert. "En martyrs, nous irons par millions au paradis", chantaient les participants aux funérailles.

Au poste-frontière de Bab al-Salam entre la Syrie et la Turquie, une journaliste de l'AFP a vu une ambulance du Croissant rouge syrien franchir la frontière mardi matin. Des rebelles ont affirmé qu'elle transportait des blessés de Marea.

Autour de la capitale, l'OSDH a annoncé la découverte mardi des cadavres de six hommes à Qadam, dans le sud de Damas, quelques heures après leur enlèvement dans une mosquée de la banlieue sud. Selon l'OSDH, ils ont été tués par balles et leurs corps portaient les marques de tortures.

Douze corps, dont ceux de deux enfants, avaient été retrouvés lundi dans le quartier de Qaboun à Damas, selon l'OSDH, qui avait déjà évoqué une multiplication des découvertes macabres de ce type, signalant la découverte de dizaines de corps en quelques jours.

Au moins 167 personnes, 88 civils, 32 rebelles et 47 soldats, ont été tuées lundi à travers la Syrie en majorité dans la province de Damas, selon un décompte de l'OSDH, qui établit le bilan des violences à plus de 23.000 morts depuis mars 2011, des chiffres impossibles à vérifier de source indépendante.

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