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Syrie: les rebelles disent contrôler 2/3 d'Alep, démenti de la sécurité

21/08/2012 08:20 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles syriens contrôlent près des deux-tiers d'Alep, deuxième ville de Syrie où se déroule une bataille décisive pour le régime, a affirmé mardi à l'AFP le chef du conseil militaire rebelle de la province d'Alep, une annonce démentie par une source de sécurité.

"Nous contrôlons désormais plus de 60% de la ville d'Alep. Chaque jour, nous contrôlons des quartiers supplémentaires", a affirmé le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi contacté par l'AFP par téléphone.

"A chaque fois que nous contrôlons un quartier, l'armée riposte par des bombardements", explique-t-il.

"Ceci est totalement faux", a réagi un responsable au sein des services de sécurité.

"Ce ne sont pas les terroristes qui avancent, c'est l'armée qui progresse doucement. Les groupes terroristes sortent de temps à autre des quartiers qu'ils contrôlent pour faire des incursions dans d'autres parties de la ville pour affirmer qu'ils ont une rue ici ou là puis regagnent rapidement leurs repaires", a-t-il indiqué à l'AFP.

Les autorités syriennes qualifient de terroristes les rebelles ayant pris les armes pour combattre le régime de Bachar al-Assad.

Le colonel Oqaidi a cité plus d'une trentaine de quartiers entre les mains des rebelles, dont Saïf al-Dawla, Boustane al-Kasr, Machad, Ansari et Firdous, Soukkari (sud-ouest), Chaar, Hanano et Sakhour (est), Boustane al-Bacha (nord-est), Cheikh Saïd et Firdous (sud) et Kalassé (centre-sud).

Quant au quartier emblématique de Salaheddine, dans l'ouest, il est contrôlé à 50% par les insurgés. Il a dit également qu'un quartier du centre, al-Tilal, était également sous leur contrôle.

Il a affirmé en outre que les habitants d'Alep étaient en train d'aider les rebelles, en leur apportant eau et nourriture.

"Le peuple est avec nous. Comment croyez-vous sinon que nous aurions pu tenir pendant un mois?", a indiqué le colonel rebelle, en référence à cette bataille cruciale d'Alep débutée le 20 juillet. "Sans eux, il n'est pas possible de continuer".

"Si le régime avait le soutien du peuple comme il le prétend, il n'aurait pas largué des tracts au cours des deux derniers jours demandant à la population de ne pas aider l'Armée syrienne libre" (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes), a-t-il poursuivi.

Des hélicoptères de l'armée ont largué des tracts mettant en garde contre tout soutien aux insurgés et offrant à ces derniers une "dernière chance" de se rendre, avait constaté lundi un journaliste de l'AFP.

"L'armée bombarde les centres des rebelles dans la région d'Alep pour empêcher que les ravitaillements en armes et munitions arrivent" dans la ville, a indiqué mardi à l'AFP un responsable des services de sécurité.

Pour les rebelles, le contrôle total d'Alep, poumon économique du pays, leur permettrait de créer une zone sécurisée frontalière de la Turquie, pays qui les soutient, à l'image de Benghazi, en Libye.

ram-sk/vl

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