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L'opposition syrienne accuse Beyrouth de ne pas réagir à la série de rapts

21/08/2012 05:45 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

L'opposition syrienne a accusé mardi des partis et des services de sécurité libanais d'être derrière la série d'enlèvements et des arrestations de ressortissants syriens à Beyrouth et d'autres régions, critiquant l'inaction des autorités.

Le chef de l'Etat libanais Michel Sleimane a demandé mardi aux autorités judiciaires "d'émettre immédiatement des mandats d'arrêt contre les ravisseurs et aux responsables sécuritaires d'agir pour la libération des personnes enlevées".

"Les citoyens syriens au Liban sont visés par une série d'enlèvements et d'arrestations arbitraires menés par des membres relevant de partis et de services de sécurité, sans que les autorités réagissent à cette campagne contraire à la loi internationale et aux droits de l'Homme", indique le Conseil national syrien (CNS) dans un communiqué.

Selon cette principale coalition de l'opposition, 36 Syriens ont été kidnappés au cours des derniers jours et sont toujours portés disparus.

Le 15 août, un clan chiite, les Mouqdad, a annoncé avoir kidnappé une vingtaine de Syriens et un Turc en représailles à l'enlèvement d'un proche en Syrie. Ce rapt a été revendiqué par un groupe rebelle syrien qui accuse cet otage d'être un tireur embusqué à la solde du Hezbollah, qui a démenti.

D'autres Syriens ont été enlevés à Beyrouth et ailleurs dans le pays. Dans un communiqué de la présidence, le chef de l'Etat a dénoncé le rapt de citoyens syriens et turcs de la part de parties libanaises afin d'obtenir un échange. Ceci n'aide pas à la solution du problème et entache l'image et la réputation du Liban", a-t-il dit.

Le CNS soutient par ailleurs que les renseignements de l'armée libanaise ont perquisitionné la maison d'un militant, Waël al-Khalidi, et "ont arrêté deux employés travaillant avec lui". Ils ont en outre arrêté l'avocat syrien Ahmad al-Souki, selon le communiqué.

L'armée libanaise n'a pas réagi dans l'immédiat à ces accusations.

L'opposition dénonce également "la perquisition et la destruction de maisons de Syriens résidant au Liban", précisant que les ravisseurs sont des "groupes couverts par des partis (libanais) qui soutiennent le régime d'Assad et ses crimes contre le peuple syrien".

Le CNS n'a pas identifié ces partis, mais l'opposition accuse régulièrement le puissant Hezbollah chiite armé de soutenir les troupes du régime syrien sur le terrain.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé vendredi que son parti n'avait "pas pu contrôler les réactions" de chiites qui ont enlevé des dizaines de Syriens en représailles au rapt d'un des leurs par un groupe de rebelles syriens.

Par ailleurs, un responsable des services de sécurité a affirmé qu'un Syrien a été kidnappé lundi à Beyrouth, sans élaborer.

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