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Les industries manufacturières peuvent s'attendre à une croissance modérée

21/08/2012 08:44 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Plusieurs industries manufacturières du Canada tributaires des exportations comptent sur l'économie américaine et la demande des marchés émergents pour soutenir la croissance de leur production et stimuler leur rentabilité face à l'incertitude grandissante de l'économie mondiale, affirme une nouvelle étude rendue publique mardi.

L'enquête réalisée par le Conference Board du Canada en association avec la Banque de développement du Canada (BDC) ajoute que la crise financière qui continue à sévir en Europe est le principal risque auquel sont exposées certaines industries manufacturières canadiennes de premier plan.

La vigueur du dollar canadien viendra aussi freiner la rentabilité, prévient le document.

L'étude donne des prévisions sur cinq ans concernant la production, l'emploi, les recettes, les coûts et la rentabilité de six industries.

L'édition de l'été 2012 du «Profil de l'industrie canadienne» porte sur la fabrication de produits aérospatiaux, la fabrication de meubles, la fabrication de pièces de véhicules automobiles, la fabrication de produits de papier, les services d'imprimerie et la fabrication de produits en bois.

Dans la plupart des industries dont il est question, a dit le Conference Board, la production connaît une saine croissance mais imposera une limite aux prix que les industries orientées vers l'exportation pourraient percevoir pour leurs marchandises.

«Malgré les améliorations continuelles constatées dans tous les secteurs en matière de recettes, de rentabilité et de création d'emplois, nous ne sommes pas encore au bout du tunnel, a prévenu par voie de communiqué Pierre Cléroux, vice-président et économiste en chef de la BDC. Le secteur manufacturier est encore loin des sommets d'avant la récession, et les entreprises canadiennes auront du mal à être concurrentielles dans le nouvel environnement économique, à moins de faire d'importants investissements dans la productivité.»

La production canadienne de pièces pour véhicules pourrait croître de près de 15 pour cent en 2012, mais elle est encore largement en dessous des niveaux records d'avant la récession. La vigueur du dollar canadien limitera toutefois la croissance des prix. En conséquence, les bénéfices de l'industrie pourraient croître légèrement, de 1,2 milliard $ en 2012 à un peu plus de 1,5 milliard en 2016.

Après trois ans de baisse ou de stagnation, la production de l'industrie aérospatiale devrait connaître une croissance de près de 7 pour cent en 2012. La forte demande d'aéronefs de la part de pays émergents et la perspective d'une reprise durable aux États-Unis contribueront à faire croître la production de plus de 3 pour cent par an ces quatre prochaines années. Toutefois, la faible croissance des prix limitera les profits de l'industrie à environ 500 millions $ par an ces deux prochaines années.

La reprise du marché du logement aux États-Unis devrait améliorer à la fois les perspectives de l'industrie du bois et de celles des meubles. Le nombre de prêts immobiliers en souffrance et les stocks de logements sont en baisse, les mises en chantier se multiplient à cause de la demande refoulée de nouvelles constructions, et les prix se sont stabilisés sur de nombreux marchés. Soutenue par la demande d'exportations, la production globale pourrait augmenter, en 2012, de 3,3 pour cent dans l'industrie des meubles, et de près de 8 pour cent dans celle des produits en bois. Les prix, quant à eux, ne croîtront que modérément ces quatre prochaines années.

Après avoir perdu 114 millions $ en 2011, l'industrie des produits en bois devrait normalement sortir du rouge en 2012 en affichant des bénéfices de 208 millions. On s'attend à ce que l'industrie du bois triple largement ses bénéfices l'année prochaine, jusqu'à 673 millions $. En attendant, les bénéfices de l'industrie des meubles devraient se stabiliser à environ 400 millions par an jusqu'à la fin de 2016.

Les médias en ligne et les lecteurs et tablettes électroniques font diminuer la demande pour le papier et les services d'imprimerie. En conséquence, les niveaux de production de l'industrie des produits de papier et de celle des services d'imprimerie risquent de poursuivre leur récente tendance à la baisse. Elles ont chacune supprimé environ 20 000 emplois depuis 2008. Pourtant, malgré la diminution de la production et la croissance limitée des prix, ces deux industries demeurent tout de même légèrement rentables. Cette année, les services d'imprimerie et l'industrie des produits de papiers devraient afficher des bénéfices de 254 et 229 millions $, respectivement.

L'industrie des produits de papier pourrait compter sur une légère croissance à partir de 2013. La demande grandissante des marchés émergents contribuera à augmenter la production et la rentabilité. L'industrie est également à la recherche de nouvelles façons d'utiliser les ressources forestières, par exemple en fabriquant des produits biochimiques et en produisant de la bioénergie à partir de fibres ligneuses. Les marchés mondiaux de produits tels que les produits chimiques verts, dont les alcools, pourraient représenter des milliards de dollars.

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