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Le quotidien tragique d'Alep

21/08/2012 02:33 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

Un taxi transportant des blessés fonce à toute allure dans des rues aux immeubles éventrés et bordés de monticules de déchets fumants tandis que résonnent des tirs d'artillerie: cette scène fait désormais partie du quotidien tragique de la ville syrienne d'Alep.

Cette cité, située à 355 km au nord de Damas et qui était la plus florissante du pays grâce à sa production industrielle, se consume aujourd'hui sous le déluge de feu de l'armée et des rebelles, luttant depuis un mois avec acharnement pour son contrôle.

Car c'est dans cette ville, stratégique pour sa richesse et sa proximité avec la frontière turque que se joue, selon le régime de Bachar al-Assad, "la mère de toutes les batailles" dans ce conflit qui dure depuis 17 mois.

"C'est très triste de voir ça, non seulement notre ville est en train d'être détruite, mais nos souvenirs aussi", déclare à l'AFP un résident d'Alep se présentant comme Abou Hicham.

"Dans presque toutes les familles d'Alep, vous allez trouver quelqu'un qui a été tué ou blessé. Toute ma famille a été déplacée", dit-il via Skype.

Plus de 200.000 Aleppins, sur une population totale de 2,5 millions d'habitants, ont dû fuir leur foyer dans les premiers jours des combats qui ont éclaté le 20 juillet.

Partout à Alep, où le quartier historique est classé au patrimoine mondial de l'Unesco, se dressent des tas d'ordures d'où s'élèvent une fumée noire, selon des journalistes de l'AFP.

La mort fait désormais partie du quotidien. Mardi, au moins dix civils, dont deux enfants et trois femmes, y ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans les secteurs de Sakhour et Chaar, l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et civils en armes) a établi des postes de commandement.

Tous les jours dans ces quartiers, on peut voir des taxis transportant des blessés passer en trombe alors que des rebelles tentent d'abattre les hélicoptères qui ouvrent le feu sur leurs positions.

"Nous ne savons pas combien de temps la bataille va continuer", dit Abou Hicham.

"Ils ont des avions, et les rebelles détruisent les chars de l'armée. C'est compréhensible sauf que les chars n'appartiennent pas à Bachar, ils appartiennent au peuple", dit-il.

Une source syrienne des services de sécurité a affirmé à l'AFP que "des renforts" de l'armée et des rebelles se dirigeaient vers Alep, estimant que c'est "une guerre qui va prendre beaucoup de temps".

"Nous contrôlons désormais plus de 60% de la ville d'Alep", a affirmé à l'AFP le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle de la province d'Alep, en affirmant que "le peuple est avec eux".

"Ceci est totalement faux", a réagi un responsable au sein des services de sécurité. "Ce ne sont pas les terroristes qui avancent, c'est l'armée qui progresse doucement".

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