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Le conflit étudiant s'invite dans le duel indépendantistes/libéraux

21/08/2012 12:27 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

Le premier face-à-face télévisé entre le dirigeant du parti libéral (PLQ) Jean Charest et la chef du Parti québécois (PQ, indépendantistes) Pauline Marois a ramené lundi le conflit étudiant dans le débat, à deux semaines du scrutin législatif du 4 septembre.

Les deux principaux protagonistes de la campagne électorale québécoise ont eu des vifs échanges sur la hausse annoncée des droits de scolarité qui oppose depuis six mois le gouvernement libéral aux étudiants, alors que la question avait été quasiment passée sous silence la veille, lors d'un débat entre quatre chefs de parti, dont Mme Marois et M. Charest.

"Je suis contre une hausse des frais de scolarité", a réaffirmé Pauline Marois.

La chef péquiste a prôné l'annulation de la forte hausse des frais de scolarité et de la loi 78 --qui notamment limite le droit de manifester et interdit d'entraver l'accès aux cours--. Elle a assuré qu'une fois son parti au pouvoir, elle consulterait les Québécois sur ce sujet par le biais d'un sommet sur l'éducation.

Mme Marois a reproché à M. Charest le fait que sa position "divise les Québécois", estimant qu'il n'a "pas été capable d'ouvrir un véritable dialogue avec les étudiants au Québec".

Sur la défensive, Jean Charest a tenté de reprendre l'avantage, en rappelant à Pauline Marois qu'elle et les députés de son parti avaient porté le carré rouge, signe de ralliement à la cause étudiante, à l'Assemblée nationale, l'accusant ainsi "d'avoir encouragé le mouvement de contestation".

"Comme Premier ministre du Québec, je ne plierai pas devant la rue", s'est-il défendu, affirmant incarner "l'ordre et la stabilité" face au "chaos de la rue".

Il a ensuite attaqué la chef de l'opposition, dont le parti est donné favori dans les sondages, sur l'accès aux salles de cours et le financement des universités.

"Peut-on empêcher cinq étudiants sur 20 d'avoir accès à une salle de cours?", a-t-il demandé à sa rivale. "Vous n'êtes pas capable de dire oui aux Québécois ce soir", a-t-il renchéri, avant de dresser la liste des propositions que le gouvernement libéral avait faites aux syndicats étudiants: l'étalement de la hausse des frais de scolarité, des programmes de prêts et de bourses et un remboursement proportionnel au revenu.

"Où allez-vous prendre l'argent" pour financer les universités, lui a-t-il encore demandé.

Gardant son calme, la chef péquiste --qui a recruté l'ex-leader d'un syndicat étudiant, Léo Bureau-Blouin, dans son camp-- n'a pas répondu aux questions du leader libéral mais a redit son "admiration incroyable" à l'égard de ces jeunes "capables de dire exactement ce qu'ils voulaient, et pourquoi ils le voulaient".

A l'approche des élections, la grève étudiante a touché temporairement à sa fin dans les collèges universitaires québécois, tandis que les universités doivent voter cette semaine pour la poursuite ou la fin de la grève.

Mme Marois et M. Charest se sont aussi heurtés de front en échangeant de vigoureuses accusations de corruption. M. Charest, depuis neuf ans au pouvoir, a repoussé celles contre son parti, affirmant qu'il s'agissait d'allégations sans preuves.

Il a cherché par ailleurs à forcer la chef du PQ à fixer une date pour son référendum sur l'indépendance, dans lequel il voit un risque d'instabilité pour le Québec, mais Mme Marois a tenu bon, expliquant qu'elle le convoquerait lorsqu'elle serait certaine de pouvoir compter sur l'appui de la majorité des Québécois.

La traditionnelle manifestation antigouvernementale du 22 du mois est déjà prévue pour mercredi.

amch/via/jr

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