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Cameroun: des jeunes appellent à dénoncer les homosexuels

21/08/2012 12:17 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

Une association de jeunes Camerounais a appelé à dénoncer les homosexuels à la police lors d'une manifestation à Yaoundé baptisée "journée de lutte contre l'homosexualité", a constaté mardi un journaliste de l'AFP.

"Nous appelons les parents à dénoncer les homosexuels, même leurs propres enfants", a affirmé Sismondi Barlev Bidjocka, président d'un regroupement de jeunes, le Rassemblement de la jeunesse camerounaise (RJC), organisateur de la manifestation.

"Nous le faisons déjà (dénoncer les homosexuels). Nous les dénonçons à la police de façon systématique. Nous avons créé un réseau avec la police des moeurs pour envoyer les homosexuels devant la barre (en justice) qu'ils soient mineurs ou pas", a ajouté M. Bidjocka.

"Ils s'embrassaient déjà en public. Mais ils ont cessé depuis que nous avons lancé une campagne contre eux", a-t-il poursuivi. Les membres du RJC ont distribué des prospectus contre l'homosexualité aux automobilistes et passants.

"Non à l'homosexualité au Cameroun... L'homosexualité est un crime contre l'humanité... La jeunesse dit +Non! Non! Et Non! à cette criminalité comportementale+", pouvait-on lire notamment sur les 12.000 tracts imprimés selon M. Bidjocka

Sur les tracts, le RJC rappelle que "l'article 347 bis du code pénal camerounais: +toute personne ayant des rapports avec une personne de même sexe est passible de 6 mois à 5 ans de prison et de 200.000 FCFA (300 euros) d'amende+".

Plusieurs défenseurs africains des droits de l'Hommme ont dénoncé lundi "l'organisation (au Cameroun) d'+une journée de lutte contre l'homosexualité+ et la poursuite des arrestations de personnes soupçonnées d'être gay", dans un communiqué transmis à l'AFP.

Ce groupe de défenseurs "soutenu par 74.354 membres du mouvement mondial AllOut.org appelle le président camerounais Paul Biya à prendre position contre la discrimination et à dépénaliser l'homosexualité". Ce serait "une étape importante vers la fin du sentiment anti-gay dans le pays", ont-t-il écrit dans le texte.

Le procès en appel de deux jeunes camerounais condamnés à cinq ans de prison et emprisonnés depuis le mois de novembre ainsi que celui en première instance deux femmes accusées d'être homosexuelles sont très médiatisés dans le pays.

rek-pgf/de

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