NOUVELLES

Afrique du Sud: le jeune tribun populiste Malema porte plainte pour la tuerie

21/08/2012 08:59 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

Le jeune tribun sud-africain Julius Malema, exclu de l'ANC au pouvoir en avril, est à nouveau venu prêter main forte aux grévistes de Marikana, en portant plainte mardi contre la police pour la fusillade qui a fait 34 morts parmi les mineurs.

"Nous sommes ici pour déposer plainte car nous avons la forte sensation que lorsqu'un meurtre a lieu, une plainte doit être déposée", a-t-il expliqué à la presse devant un commissariat proche de la mine où a eu lieu le drame.

Julius Malema, ancien leader de la ligue de jeunesse du parti au pouvoir, était accompagné de mineurs et de responsables de la population locale.

Et il a proféré de nouvelles attaques contre le président Jacob Zuma, déclarant qu'il ne lui faisait "pas confiance". "La police doit enquêter sur cette affaire, et non une quelconque commission d'enquête politiquement manipulée".

"Nous avons la sensation qu'aucune plainte n'a été déposée pour enquêter pour meurtre", a-t-il ajouté, précisant que les motifs de sa plainte incluent aussi la tentative de meurtre et l'agression.

M. Malema, 31 ans, a aussi affirmé qu'il avait pris contact avec des avocats pour apporter une aide aux 259 grévistes arrêtés et placés en détention provisoire.

"Ce sera un vrai service aux ouvriers, pas une de ces salles de réunion climatisée. Nous voulons qu'ils soient libérés pour qu'ils puissent porter le deuil des ouvriers tués par le gouvernement meurtrier du président Zuma", a-t-il ajouté.

Interrogé sur ses appels à la démission visant M. Zuma, il a répondu qu'"il ne s'agissait pas de remplacer Zuma en tant que tel, mais pour la faiblesse de son leadership".

Jeudi, la police a ouvert le feu sur une foule de mineurs en colère, armés de machettes, barres de fer et d'armes à feu pour certains, faisant 34 morts et 78 blessés. L'autorité de contrôle de la police a été saisie pour faire la lumière sur l'affaire.

Samedi, l'ancien leader de la ligue de jeunesse de l'ANC s'était déjà rendu auprès des mineurs et s'était adressé à eux, refusant toute forme de protection policière. Il avait accusé le président Zuma d'être responsable du massacre et l'avait appelé à démissionner.

M. Malema, dont les provocations répétées lui ont valu d'être exclu du parti, est pratiquement réduit au silence faute de structure politique hors de l'ANC.

Dénonçant le chômage, la misère et les inégalités qui s'aggravent 18 ans après la chute de l'apartheid, il appelait notamment à la nationalisation des mines et à l'expulsion sans compensation des grands propriétaires terriens blancs.

sk-sn/clr/de

PLUS:afp